(Nations unies) Les États-Unis et la Chine se sont montrés mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU aux antipodes sur la manière de réduire les tensions dans la péninsule coréenne, Washington plaidant pour davantage de sanctions internationales contre Pyongyang alors que Pékin réclamait leur allégement.

Publié le 11 mai
Agence France-Presse

« Il faut renforcer le régime de sanctions et non pas s’intéresser à un allégement des sanctions », a souligné l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, qui avait été à l’origine de la convocation en urgence du Conseil de sécurité après les derniers tirs nord-coréens.

La diplomate a rejeté un projet de résolution de la Chine et de la Russie, que ces deux pays ont rappelé avoir soumis depuis longtemps au Conseil de sécurité (sans aller jusqu’à demander un vote). Il vise à alléger à des fins humanitaires les lourdes sanctions économiques internationales imposées en 2017 à la Corée du Nord, touchant ses exportations de charbon, de fer, de textile ou de produits de la pêche, et ses importations de pétrole.

« Nous touchons à la fin des négociations » sur le projet de texte américain « et nous ne pouvons pas attendre un essai nucléaire » – imminent selon Washington – pour « parler d’une seule voix, il faut agir aujourd’hui », a insisté Linda Thomas-Greenfield, soutenue à cet égard par le Japon.

Le texte américain, obtenu par l’AFP, prévoit de réduire de quatre millions à deux millions de barils la quantité de pétrole brut que la Corée du Nord serait autorisée à importer chaque année à des fins civiles, et imposerait des restrictions sur de nouvelles exportations nord-coréennes, notamment de combustibles minéraux et d’horloges.

Selon une source diplomatique, une réunion des experts des 15 pays membres du Conseil de sécurité était prévue ce mercredi mais jusqu’à présent ni la Chine, ni la Russie n’ont voulu discuter du contenu du texte américain.

« L’éventualité d’une escalade est inquiétante et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue et à s’en tenir au dialogue », a déclaré de son côté l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun.

Interrogé à l’issue de la réunion sur le risque d’un nouvel essai nucléaire nord-coréen, il a répondu : « Bien sûr, personne n’aime les essais nucléaires » et « ce que la Chine veut éviter, c’est un nouvel essai nucléaire ».

« C’est pourquoi nous ne voulons pas de sanctions supplémentaires qui pourraient obliger l’une des parties à prendre des mesures plus proactives. Parler vaut mieux que des mesures coercitives. Nous avons vu tant de mesures coercitives dans le monde, en Syrie, en Irak et en Afghanistan. Avez-vous vu de bons résultats ? Ce que nous avons vu n’est qu’une souffrance humanitaire », a affirmé Zhang Jun.

Ambassadrice adjointe de la Russie, Anna Evstigneeva a aussi plaidé en faveur de la résolution proposée avec la Chine et appelé à la reprise du dialogue.