(Hong Kong) Une université de Hong Kong a masqué samedi une inscription qui rendait hommage aux victimes de la répression de Tiananmen, quelques semaines après les retraits d’œuvres similaires dans différents campus de la ville.

Publié le 29 janvier
Agence France-Presse

Hong Kong a longtemps été avec Macao le seul endroit en Chine où la commémoration du massacre du 4 juin 1989 à Pékin était tolérée.

Mais Pékin a imprimé sa marque autoritaire sur l’ex-colonie britannique après les gigantesques et parfois violentes manifestations de 2019, en imposant une loi sur la sécurité nationale qui a criminalisé pratiquement toute forme de dissidence.

En décembre, le « Pilier de la honte », une statue à la mémoire de Tiananmen, avait été déboulonnée sur le campus de l’Université de Hong Kong (HKU).

Le lendemain, des sculptures commémorant le mouvement pro-démocratie de 1989 avaient été retirées de deux autres universités de la ville.

Samedi, sur le campus de la HKU, une grande inscription en hommage aux « martyrs » de Tiananmen, qui avait échappé jusqu’à présent à la censure, a été cachée à l’aide de tôles.

Un journaliste de l’AFP a vu des ouvriers recouvrir ce graffiti qui disait : « L’esprit héroïque des martyrs massacrés de sang-froid vivra à jamais, le feu de la démocratie qui vainc le mal ne s’éteindra jamais ».  

Selon des médias, cette phrase avait été inscrite sur le sol d’une passerelle peu après les évènements de Tiananmen. Depuis, chaque année, des leaders étudiants en repeignaient les caractères en blanc en signe de deuil.

Contactée par l’AFP, la HKU n’a pas souhaité dire si l’inscription avait été définitivement effacée.

Un porte-parole a cependant indiqué que l’université « effectue régulièrement des travaux d’entretien dans divers lieux et installations, le site susmentionné étant l’un de ces projets ».

Depuis la reprise en main de Hong Kong par Pékin, les voix dissidentes se sont peu à peu éteintes sur les campus de la ville, autrefois des oasis de liberté épargnées par la censure qui imprègne les facultés de Chine continentale. Les manifestations ont été interdites, de nombreux syndicats étudiants mis sur liste noire et de nouveaux cours sur la « sécurité nationale » instaurés.

Pendant 30 ans, une veillée aux chandelles a été organisée à Hong Kong pour l’anniversaire de Tiananmen, rassemblant des dizaines de milliers de personnes.

Les autorités ont interdit les deux dernières veillées, les principaux organisateurs ont été arrêtés pour subversion, et un musée sur le 4 juin 1989 a été fermé.