(Taipei) Une femme accusée d’avoir délibérément déclenché l’incendie d’un immeuble d’habitation à Taïwan qui avait fait 46 morts en octobre lors du pire incendie qu’ait connu l’île depuis des décennies, a été inculpée vendredi et risque la peine de mort.

Publié le 21 janvier
Agence France-Presse

Le 15 octobre, un brasier s’était déclaré dans le sud de la ville de Kaohsiung, ravageant plusieurs étages d’un immeuble mixte délabré de 13 étages, avant que les pompiers ne parviennent à le maîtriser.

La femme de 51 ans, identifiée par son nom de famille, Huang, a été accusée de meurtre et d’incendie criminel.  

Mme Huang « avait l’intention de provoquer un incendie pour embarrasser son compagnon, ce qui a conduit à une catastrophe majeure et à la mort de nombreux innocents », a déclaré le bureau du procureur du district de Kaohsiung dans un communiqué.

Selon les autorités, le feu a pris naissance lorsqu’une résidente de l’immeuble, une femme identifiée par son nom de famille Huang, a laissé des cendres d’encens non éteintes sur un canapé avant de quitter l’immeuble.  

PHOTO I-HWA CHENG, ARCHIVES REUTERS

« Elle n’a montré aucun remords et son attitude est mauvaise », poursuit le communiqué. Le parquet compte demander « la peine capitale pour servir d’avertissement ».

Mme Huang a admis avoir allumé du bois de santal pour éloigner les moustiques, mais a fourni des informations incohérentes dans ses déclarations aux enquêteurs, selon ce document.

L’incendie avait révélé les manquements dans l’application des normes de sécurité à Taïwan, et jeté une lumière crue sur les mauvaises conditions de vie de nombreux seniors dans une société rapidement vieillissante.

L’une des démocraties les plus progressistes de la région, Taïwan se veut un bastion régional des droits de l’homme, mais pratique toujours la peine de mort.  

Quelque 35 prisonniers ont été mis à mort depuis 2010, date à laquelle Taïwan a repris les exécutions après une interruption de quatre ans. 38 personnes sont actuellement dans les couloirs de la mort à Taïwan, dont une femme.  

Deux exécutions ont eu lieu depuis l’élection en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui s’est engagée y mettre fin progressivement.