(Séoul) L’influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré vendredi qu’il était « admirable » que Séoul propose de mettre officiellement fin à la guerre de Corée, mais a exigé que le Sud abandonne d’abord sa « politique hostile » envers Pyongyang.

Agence France-Presse

Ces remarques de Kim Yo Jong, rapportées par l’agence de presse officielle KCNA de Pyongyang, répondent aux récents appels du président sud-coréen Moon Jae-in à déclarer une fin officielle au conflit de 1950-53 qui s’est terminé par une trêve, et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis plus d’un demi-siècle.  

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies en début de semaine, M. Moon a proposé de déclarer la fin du conflit, soulignant que cela permettrait de « réaliser des progrès irréversibles en matière de dénucléarisation et d’ouvrir une ère de paix complète ».  

PHOTO EDUARDO MUNOZ, ASSOCIATED PRESS

Le président sud-coréen Moon Jae-in a prononcé un discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre

Conseillère politique clé de son frère, Kim Yo Jong a estimé que ces déclarations n’avaient « aucun sens » tant que des « normes de double jeu, des préjugés et une politique hostile » seraient en place.  

« Pour que la fin de la guerre soit déclarée, le respect mutuel doit être maintenu et les préjugés, la politique hostile invétérée et de deux poids deux mesures doivent d’abord être supprimés », a-t-elle déclaré.  

Elle a ajouté qu’une telle déclaration « ne tiendrait pas la route et ne changerait rien » dans les conditions actuelles, mais que le Nord serait prêt à discuter de l’amélioration des liens entre les deux Corées si Séoul renonçait à son hostilité.  

La semaine dernière, Kim Yo Jong a accusé M. Moon de « calomnie » après des tirs de missiles des deux Corées.  

La Corée du Nord a procédé deux fois à des tirs de missiles rien que ce mois-ci, l’un impliquant un missile de croisière à longue portée et l’autre des missiles balistiques à courte portée.  

Moon Jae-in a qualifié les récents tirs de Pyongyang de « provocations » tandis qu’il supervisait le tir d’essai réussi d’un missile balistique lancé par sous-marin (SLBM) la semaine dernière, faisant du Sud l’une des rares nations à disposer de cette technologie avancée.  

Kim Yo Jong a répliqué en condamnant « l’attitude illogique de Séoul qui décrit son comportement similaire comme une action légitime pour soutenir la paix, et le nôtre comme une menace pour la paix ».  

Les communications entre le Nord et le Sud ont été largement coupées depuis le deuxième sommet infructueux entre les États-Unis et la Corée du Nord à Hanoï en février 2019, le président américain de l’époque, Donald Trump, et Kim Jong-un ne parvenant pas à s’entendre sur les termes d’un accord.