(Kuala Lumpur) Les députés de l’opposition et les deux grands rivaux de la politique malaisienne, Mahathir Mohamad et Anwar Ibrahim, ont manifesté lundi contre la fermeture du Parlement et réclamé la démission du premier ministre politiquement affaibli.

Agence France-Presse

Le parlement du pays d’Asie du Sud-Est devait se réunir pour une dernière séance lundi qui a été annulée après la découverte de cas de coronavirus dans le bâtiment. Mais l’opposition a accusé le premier ministre Muhyiddin Yassin d’avoir invoqué cette excuse pour échapper à un vote qui risquait de faire tomber son gouvernement.

« Même quand les gens condamnent (Muhyiddin) il résiste de façon éhontée et refuse de démissionner », a déclaré Mahathir Mohammad, ancien premier ministre de 96 ans, à des journalistes.

Son grand rival, l’ex-ministre et chef de l’opposition Anwar Ibrahim, a estimé que le gouvernement avait « perdu toute légitimité » et ne disposait plus d’une majorité au parlement.

Aux côtés d’une centaine de députés de l’opposition, ils ont essayé de marcher sur le Parlement.

Mais les députés, qui scandaient « Muhyiddin démissionne », ont été bloqués par la police et se sont dispersés.

La session parlementaire qui avait commencé la semaine dernière était la première de l’année après une suspension due à l’état d’urgence décrété pour cause d’épidémie.

À la fin des années 1990, Mahathir Mohamad, alors premier ministre avait démis Anwar Ibrahim du gouvernement, et ce dernier avait été emprisonné pour sodomie et abus de pouvoir dans un procès largement critiqué comme étant politique.

Les deux hommes se sont réconciliés pour former une alliance d’opposition et ont gagné les élections en 2018, avant de s’affronter à nouveau.

La tension politique monte dans le pays, et Muhyiddin Yassin fait face à des appels à démissionner après que le roi a critiqué son gouvernement pour avoir induit en erreur le parlement.

Samedi, des centaines de Malaisiens ont manifesté malgré l’interdiction des rassemblements publics pour réclamer la démission du premier ministre, parvenu au pouvoir l’an dernier sans passer par des élections.

L’état d’urgence qui paralysait l’essentiel de la vie politique s’est terminé officiellement dimanche, mais un confinement est toujours en vigueur.