(Washington) Les États-Unis ont annoncé mercredi des sanctions contre deux enfants du chef de la junte militaire birmane qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, et contre six sociétés qu’ils contrôlent.

Agence France-Presse

Aung Pyae Sone et Khin Thiri Thet Mon sont le fils et la fille du commandant-en-chef des forces militaires birmanes, le général Min Aung Hlaing, déjà placé sous le régime des sanctions pour sa responsabilité dans le coup d’État, a indiqué le ministère américain du Trésor dans un communiqué.

Aung Pyae Sone et Khin Thiri Thet Mon contrôlent plusieurs entreprises « qui ont directement profité de la position de leur père et de son influence néfaste », a expliqué le ministère.

Le communiqué précise notamment que Aung Pyae Sone a remporté en 2013 un contrat de bail de 30 ans pour un restaurant et une galerie sans avoir de concurrent, et que jusqu’en 2018, ses loyers se montaient à seulement 1 % du marché locatif dans la même zone.

Khin Thiri Thet, pour sa part, dirige la maison de production Seventh Sense, en contrat exclusif avec un acteur qui apparaît dans des publicités pour Mytel, l’opérateur téléphonique créé par le général Min Aung Hlaing.

Les sanctions impliquent le gel de leurs éventuels avoirs aux États-Unis et l’interdiction de l’accès au système financier américain.

« Les dirigeants du coup d’État et les membres adultes de leurs familles ne devraient pas être en capacité de continuer à tirer profit du régime tandis qu’il use de violence et resserre son emprise sur la démocratie », a affirmé le secrétaire d’État américain Antony Blinken dans un communiqué séparé.

Les États-Unis « condamnent » les « attaques horribles » des forces de sécurité contre le mouvement de contestation en Birmanie qui ont fait au moins 53 morts, et l’arrestation et la détention de plus de 1700 « responsables politiques, médecins, défenseur des droits humains, journalistes, dirigeants de syndicats et personnes exerçant leurs droits », a-t-il ajouté.

Le chef de la junte et son adjoint étaient déjà soumis à des sanctions depuis fin 2019 pour leur rôle dans la répression sanglante des musulmans rohingya.