(Washington) Les États-Unis ont condamné lundi les interdictions de manifester en Birmanie, où la loi martiale a été décrétée dans plusieurs villes, et déploré que leurs demandes pour parler à Aung San Suu Kyi aient été rejetées.

Publié le 8 févr. 2021
Agence France-Presse

« Nous sommes du côté du peuple birman et nous soutenons son droit à se rassembler de manière pacifique, et notamment à manifester de façon pacifique en faveur du gouvernement élu démocratiquement », a affirmé le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.  

PHOTO ASSOCIATED PRESS

Une manifestation prodémocratie à Mandalay, le lundi 8 février. Un des manifestants porte une pancarte à l’effigie de Aung San Suu Kyi, la cheffe du gouvernement qui a été déposée le 1er février par l’armée.

« Nous sommes bien entendu très inquiets des récentes annonces de l’armée limitant les rassemblements publics », a-t-il ajouté auprès de journalistes.  

Les militaires ont décrété lundi la loi martiale dans plusieurs quartiers de Rangoun, la capitale économique, de Mandalay (centre), deuxième ville du pays, ainsi que dans d’autres parties du territoire.

Les manifestations et les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits et un couvre-feu est instauré de 20 h à 4 h, heure locale.

Cette décision fait suite au rassemblement de nombreux manifestants prodémocratie samedi et dimanche à Rangoun contre le coup d’État du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi au secret

Malgré leurs tentatives, les États-Unis n’ont pas été en mesure de communiquer avec l’ex-dirigeante et lauréate du prix Nobel de la paix, qui est détenue au secret, a rapporté le porte-parole du département d’État.  

« Nous avons tenté d’entrer en contact avec Aung San Suu Kyi. Nous l’avons fait de manière informelle et formelle », a dit M. Price. « Ces requêtes », a-t-il affirmé, « ont été rejetées ».

Ned Price a aussi appelé la Chine, allié historique de l’armée birmane, à se joindre aux principales démocraties pour condamner le coup d’État en Birmanie.  

La Maison-Blanche a menacé de son côté les militaires putschistes de « sanctions ciblées » s’ils ne renonçaient pas au pouvoir.