(New Delhi) L’Inde a les capacités militaires de vaincre le Pakistan en à peine dix jours en cas de nouveau conflit armé entre les deux pays rivaux d’Asie du Sud, a affirmé le premier ministre indien Narendra Modi.

Agence France-Presse

Les deux puissances nucléaires se sont affrontées dans trois guerres depuis la partition de 1947 et ont, l’année dernière, vu leurs avions de chasse se combattre au-dessus de la région disputée du Cachemire.

« Le Pakistan a déjà perdu trois guerres. Nos forces armées ne prendront pas plus de 7-10 jours pour faire mordre la poussière au Pakistan », a déclaré mardi le chef de gouvernement lors d’un discours dans une académie militaire à New Delhi.

Portant une casquette bordeaux du Corps national des cadets, la branche jeunesse des forces armées indiennes, le dirigeant nationaliste hindou a notamment mis en avant les frappes de l’armée de l’air indienne en territoire pakistanais en 2016 et 2019.

« C’est de la “pensée jeune”. Nous procédons à des frappes chirurgicales et nous nous attaquons aux terroristes dans leur foyer », a dit M. Modi.

Le Pakistan continue de mener une « guerre par procuration » contre l’Inde, a-t-il estimé, en soutenant en sous-main des groupes rebelles au Cachemire indien, où l’Inde fait face à une insurrection armée.

Mercredi, le Pakistan a dénoncé les remarques « irresponsables et bellicistes » de M. Modi, qui reflètent les « tentatives désespérées » des dirigeants indiens pour « détourner l’attention des critiques croissantes de leurs politiques discriminatoires […], au niveau national et international ».

Le premier ministre indien est sous pression dans un contexte de manifestations persistantes contre une loi controversée sur la citoyenneté et un ralentissement de l’économie du pays de 1,3 milliard d’habitants.

La réponse « immédiate et efficace » du Pakistan en février 2019, qui a vu un « avion de chasse indien être abattu et la capture d’un pilote indien […], devrait suffire à souligner la volonté, la capacité et l’état de préparation de nos forces armées », a encore souligné le ministère pakistanais des Affaires étrangères dans un communiqué.

La restitution du pilote indien, vue d’Islamabad comme un succès diplomatique et militaire, avait à l’époque permis de calmer la crise.

En marge de ces premiers combats aériens entre les deux voisins et ennemis depuis des décennies, l’armée indienne avait en outre abattu l’un de ses propres hélicoptères, tuant ses six occupants, ce qu’avait reconnu son chef de l’armée de l’air plus de sept mois après les faits.

« C’est par notre faute que notre missile a frappé notre hélicoptère », avait alors déclaré Rakesh Kumar Bhadauria, qualifiant ce tir ami d’« énorme erreur ».

La région himalayenne du Cachemire est divisée entre le Pakistan et l’Inde, qui revendiquent chacun la partie contrôlée par l’autre, et constitue à tout instant une poudrière susceptible de provoquer un nouveau conflit entre les deux pays.