(Tokyo) Tokyo a signalé plus de 1300 nouveaux cas de coronavirus jeudi — un nouveau record —, alors que des responsables locaux et gouvernementaux avertissaient que l’état d’urgence pourrait s’avérer nécessaire face à la recrudescence des contaminations.

Agence France-Presse

Le premier ministre japonais Yoshihide Suga s’est entretenu avec les ministres concernés par la crise sanitaire, mais n’a annoncé aucune nouvelle mesure.

« La tendance est clairement à la hausse. Je considère cela comme très sérieux », a déclaré M. Suga à la presse en exhortant une nouvelle fois les Japonais à porter des masques, à se laver les mains et à éviter les foules et les sorties non essentielles.

Il a indiqué avoir demandé aux ministres de s’assurer que le pays profiterait de cette pause pendant la période des fêtes « pour mettre en place un système adéquat de fourniture de soins médicaux en coordonnant les efforts avec les gouvernements locaux ».

Il s’est exprimé alors que la capitale Tokyo enregistrait 1337 nouveaux cas de coronavirus, ce qui a constitué un nouveau record. Le bilan précédent datant de samedi s’établissait à 949 personnes contaminées en une journée.

Au niveau national, le record a également été battu jeudi avec plus de 4000 nouveaux cas, selon les autorités.

« Pour le coronavirus, il n’y a pas de fin d’année ni de jour férié. En cette saison hivernale, nous voyons le coronavirus se propager et la situation est extrêmement grave », a affirmé pour sa part la gouverneure de Tokyo Yuriko Koike.

Le Japon a été relativement épargné en comparaison avec d’autres pays du monde, avec moins de 3500 décès depuis qu’il a enregistré son premier cas en janvier 2020. Il a également évité des mesures de confinement sévères, bien que le gouvernement ait imposé un état d’urgence au printemps en demandant aux entreprises et aux écoles de fermer et aux habitants de rester chez eux.

Cependant, cette mesure ne revêtait aucun caractère contraignant et elle a été levée au bout de plusieurs semaines lorsque le nombre de cas est retombé. Le taux d’infection est resté faible pendant l’été mais, ces dernières semaines, le Japon a assisté à une nette recrudescence des contaminations, ce qui a suscité des appels à un nouvel état d’urgence, que le gouvernement est réticent à imposer par crainte des retombées économiques.

Si le nombre de cas continue d’augmenter, la ville de Tokyo « n’aura peut-être pas d’autre choix que de demander » au gouvernement central de décréter un nouvel état d’urgence, avait averti mercredi Mme Koike.

Yasutoshi Nishimura, le ministre responsable de la lutte contre le coronavirus, avait également affirmé mercredi qu’un état d’urgence serait nécessaire pour « protéger la vie des Japonais » si les infections continuaient à augmenter.

« Le système médical ne pourra pas survivre », a-t-il déclaré dans un message vidéo.

M. Suga, qui a pris ses fonctions en septembre après la démission de Shinzo Abe pour raisons de santé, est de plus en plus critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire. Sa cote de popularité a chuté dans des sondages.

Au début de cette semaine, l’ancien ministre japonais des Transports, Yuichiro Hata, est devenu le premier homme politique de haut rang à mourir après avoir contracté le virus.