(Kandahar) Des forces de sécurité afghanes ont abandonné près de 200 postes de contrôle dans la province de Kandahar ces dernières semaines, laissant parfois derrière eux leurs armes saisies par les talibans, ont indiqué mercredi plusieurs sources officielles afghanes.

Agence France-Presse

Le gouverneur de la province de Kandahar Hayatullah Hayat et un élu local ont confirmé ces informations à l’AFP, assurant que les commandants seraient sanctionnés pour leurs actions.

Le ministère de la défense à Kaboul a au contraire démenti ces informations, assurant que les forces gouvernementales progressaient dans cette région, bastion historique des insurgés talibans.  

Malgré les pourparlers de paix depuis septembre à Doha, des affrontements opposent régulièrement les forces gouvernementales et talibanes dans la province de Kandahar.

« Les forces de sécurité afghanes se sont retirées de 193 postes de contrôle et avant-postes dans les districts de Zharai, Maiwand, Arghandab et Panjwai », a assuré le gouverneur de la province de Kandahar Hayatullah Hayat à l’AFP.

« La plupart des chefs et officiers qui ont négligé leur devoir ont été démis de leurs fonctions et renvoyés devant la justice », selon lui.

Hashim Alkhozai, élu de Kandahar, et un policier ont confirmé ces informations à l’AFP.  

« Les forces de sécurité ont quitté les bases en laissant derrière elles leurs armes et munitions », a dit M. Alkhozai.

La plupart étaient des soldats, selon Jan Mohammad, policier dans le district de Zharai. « Ils sont partis sans tirer un cou de feu. Les Talibans ont maintenant toutes les armes saisies à l’armée et les utilisent contre nous ».

Kandahar est le bastion historique des talibans, qui ont dirigé l’Afghanistan de 1996 à 2001 sous une stricte loi islamique avant d’être chassés du pouvoir par une coalition menée par les États-Unis à la suite des attentats du 11-septembre.

Depuis un accord conclu en février avec les États-Unis, qui prévoient de retirer toutes ses troupes d’ici mai 2021, ils ont restreint leurs attaques dans les villes, mais attaquent quasi quotidiennement l’armée afghane en zone rurale.

Les pourparlers de paix à Doha entre le gouvernement et les talibans sont suspendus actuellement jusqu’au 5 janvier.