(Bangkok) Le mouvement pro-démocratie appelle à un nouveau rassemblement mercredi à Bangkok au lendemain d’affrontements avec les forces de l’ordre et des ultra-royalistes au cours desquels six manifestants ont été blessés par balles.

Agence France-Presse

Ce mercredi, « nous allons ouvrir une nouvelle ère dans nos combats », « il n’y a plus de compromis possible », ont averti plusieurs leaders de la contestation.

Les autorités ont lancé de leur côté un appel au calme.

« Je ne veux pas que cela (la violence, NDLR) se produise de quelque côté que ce soit », a assuré le vice-premier ministre thaïlandais Prawit Wongsuwan, appelant les forces de l’ordre à « assurer la sécurité des manifestants, quelque soit leur camp ».  

Mardi, la police antiémeute a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes contre des protestataires rassemblés près du Parlement, où députés et sénateurs débattent d’une éventuelle réforme constitutionnelle.  

Des affrontements ont également éclaté entre militants pro-démocratie et des « chemises jaunes » ultra-royalistes.

Au total, 55 personnes ont été blessées dont six par des tirs à balles réelles, d’après le centre médical d’urgence Erawan de Bangkok. Quatre personnes étaient toujours hospitalisées mercredi.

La police a démenti lors d’un point presse avoir tiré à balles réelles ni même avec des projectiles en caoutchouc et l’origine des tirs restait indéterminée.

Mais il s’agit des incidents les plus violents depuis le début de la contestation qui réclame la démission du premier ministre, une réforme de la monarchie et une nouvelle Constitution.

les tactiques déployées par les forces de l’ordre ne sont « pas conformes à la procédure internationale de dispersion des manifestations », a déploré l’Association thaïlandaise des avocats des droits humains.

Le Parlement doit voter mercredi pour décider quels projets d’amendements constitutionnels il accepte d’examiner.

Plusieurs propositions lui ont été soumises par une partie de l’opposition et une ONG : elles visent notamment à réformer le Sénat, jugé trop proche de l’armée, la Commission électorale et la Cour constitutionnelle.

L’une d’entre elles prévoit aussi que le premier ministre soit obligatoirement issu des rangs du Parlement.

Mais les 250 sénateurs, entièrement choisis par l’ex-junte, ne devraient pas aisément accepter de rogner sur leurs prérogatives et un éventuel changement constitutionnel prendra de toute façon beaucoup de temps.

Les ultra-royalistes s’opposent à toute réforme, estimant que cela conduirait à « une abolition de la monarchie ».  

Le mouvement pro-démocratie a toujours assuré souhaiter moderniser la royauté, mais en aucun cas ne vouloir l’abolir.