(Srinagar) Les forces indiennes et pakistanaises se sont livrées vendredi à leur plus grosse bataille d’artillerie depuis plusieurs mois sur leur frontière contestée au Cachemire, faisant au moins treize morts et des dizaines de blessés, a-t-on appris auprès de responsables des deux pays.

Agence France-Presse

Des bombardements et des échanges de coup de feu se sont déroulés sur tout le long de la Ligne de contrôle (LoC) qui sépare sur 740 km l’Azad Cachemire (Pakistan) du Jammu-et-Cachemire (Inde) et fait office de frontière de fait.

Cette nouvelle poussée de tensions intervient cinq jours après la mort de trois soldats indiens et trois insurgés lors d’un échange de tirs sur la LoC.  

PHOTO M SAIF-UL-ISLAM, REUTERS

Cette maison située dans la vallée de Neelum aurait été endommagée par les bombardements survenus au Cachemire sous contrôle pakistanais.

Après les combats de vendredi, l’armée indienne a accusé le Pakistan d’une violation « délibérée » du cessez-le-feu de 2003 qui subit des atteintes chaque semaine.

« Le Pakistan a utilisé des mortiers et d’autres armes » et « a délibérément visé des zones civiles », selon un communiqué de l’armée indienne.

Quatre soldats indiens et quatre civils, dont un garçon de huit ans, ont été tués, ont indiqué des porte-paroles de l’armée et de la police. Au moins 12 personnes, membres des forces de sécurité et civils, ont été blessés.

De l’autre côté de la frontière, Raja Farooq Haider, chef du gouvernement du Cachemire pakistanais, a fait état de cinq tués et 31 blessés dans des bombardements intenses dans les vallées de Neelum et Jhelum.

L’armée pakistanaise a confirmé que l’un des morts était un soldat.

« Pendant combien de temps devrons-nous subir des pertes aussi énormes ? », a écrit Raja Farooq Haider dans un message sur Twitter adressé au premier ministre pakistanais Imran Khan.

Des centaines d’habitants ont été déplacés de la zone de la Ligne de contrôle dans la partie indienne du Cachemire, tandis que les responsables pakistanais ont déclaré que des dizaines d’habitations dans le Cachemire pakistanais avaient été incendiées par les bombardements.

L’armée indienne a affirmé que les affrontements avaient commencé lorsque des combattants avaient tenté de franchir la LoC pour pénétrer sur le territoire de l’État indien du Jammu-et-Cachemire.

Les soldats indiens ont « riposté fortement en infligeant des dommages substantiels aux infrastructures de l’armée pakistanaise et en faisant des victimes », selon le communiqué de l’armée.

Les deux pays se livrent régulièrement à des duels d’artillerie de part et d’autre de la LoC et s’en rejettent invariablement la responsabilité.

Le Cachemire est divisé entre l’Inde et le Pakistan, désormais des puissances nucléaires, depuis leur indépendance de la Couronne britannique et la partition de 1947. Il a provoqué deux des trois guerres qui les ont opposés depuis.

Les deux pays réclament l’intégralité de cette région himalayenne majoritairement peuplée de musulmans où l’Inde fait en outre face depuis plus de trente ans à une insurrection séparatiste ayant fait des dizaines de milliers de morts, principalement des civils.

Le premier ministre indien Narendra Modi devait se rendre samedi dans une zone frontalière pour rendre visite aux forces indiennes à l’occasion de Diwali, ou fête des Lumières, la plus importante fête hindoue de l’année, selon les médias.

M. Modi a passé cette fête en compagnie de soldats tous les ans depuis son accession au pouvoir en 2014.