(Séoul) L’ancien ambassadeur par intérim de Corée du Nord en Italie a fait défection au Sud après avoir abandonné ses fonctions à Rome, a confirmé mercredi un député sud-coréen.

Agence France-Presse

Le diplomate Jo Song Gil avait disparu en compagnie de sa femme en novembre 2018 avant de demander l’asile. Sa fille a été rapatriée dans l’État autoritaire.

Plus de 30 000 Nord-Coréens ont fui la répression et la pauvreté dans leur pays pour s’installer au Sud depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), selon des chiffres officiels de Séoul.  

L’immense majorité a franchi clandestinement la frontière avec la Chine, beaucoup plus poreuse, avant de gagner la Corée du Sud via un pays tiers.

Le sort de M. Jo est demeuré un mystère jusqu’à ce que la chaîne sud-coréenne JTBC affirme qu’il se trouvait désormais dans le pays.  

M. Jo « est arrivé volontairement dans le Sud en juillet de l’année dernière », a affirmé Jeon Hae-cheol, responsable de la commission parlementaire responsable du renseignement, confirmant ainsi l’information.

Il voulait que son arrivée demeure secrète, car « il s’inquiétait pour sa famille restée au Nord », a indiqué M. Jeon, selon l’agence de presse Yonhap.

M. Jo est le plus haut responsable nord-coréen à avoir fait défection au Sud depuis 1997, quand Hwang Jang Yop, le tuteur idéologique du dirigeant nord-coréen d’alors, Kim Jong-il, s’était envolé de Pékin pour Séoul.

L’Italie est une mission diplomatique importante pour Pyongyang, car elle gère les relations avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture dont le siège est à Rome.  

M. Jo avait été nommé à Rome avant de devenir ambassadeur par intérim en octobre 2017, son prédécesseur Mun Jong Nam ayant été expulsé par l’Italie en signe de protestation contre un essai nucléaire de Pyongyang.

Autre éminent transfuge nord-coréen, Thae Yong Ho, numéro deux de l’ambassade de Corée du Nord en Grande-Bretagne avant de fuir en 2016 au Sud avec sa famille, s’est dit inquiet quant aux éventuelles représailles de Pyongyang à l’encontre de la famille de M. Jo.

« Pour les anciens diplomates nord-coréens qui ont leur famille au Nord, la divulgation du lieu où ils se trouvent est une grave question humanitaire pour le sort de leurs enfants », a déclaré dans un communiqué M. Thae, qui est désormais un député sud-coréen.