(Manille) Les Philippines vont commencer en octobre à tester à grande échelle le vaccin russe contre le coronavirus, mais il ne sera pas inoculé au président Rodrigo Duterte tant qu’il ne sera pas déclaré sûr, a annoncé jeudi son porte-parole.  

Agence France-Presse

M. Duterte avait proposé de servir de cobaye, affirmant avoir une « grande confiance » dans ce vaccin, en dépit du scepticisme croissant d’un grand nombre de scientifiques internationaux.  

Le porte-parole du président, Harry Roque, a indiqué que M. Duterte devrait être vacciné au plus tôt le 1er mai, soit quelques semaines après la fin de la phase III, la dernière étape des essais cliniques avant l’homologation.  

C’est en avril que ce vaccin, développé par le Centre de recherches russe Gamaleïa, devrait être homologué par le ministère philippin en charge des aliments et des médicaments.  

« Le 1er mai, le groupe en charge de la sécurité de la présidence, pourrait l’autoriser (à recevoir le vaccin), une fois que tous les tests nécessaires auront été effectués », a affirmé M. Roque.

Moscou a affirmé cette semaine avoir développé le « premier » vaccin contre la COVID-19 assurant une « immunité durable » et qu’il est entré dans la phase finale de tests auxquels participeront plus de 2000 personnes au total.

M. Roque a indiqué que des experts philippins étudieront les résultats le mois prochain les résultats des essais clinique de phase I et II conduits par la Russie avant que ne débutent aux Philippines les essais de la phase III.  

« Nous le ferons en même temps que la Russie », a précisé M. Roque.  

Des experts philippins du ministère de la science et de la technologie ont rencontré mercredi des responsables de Gamaleïa afin de discuter de la portée et des protocoles essais cliniques qui seront conduits aux Philippines.  

Le vaccin a été baptisé « Spoutnik V » (V comme vaccin, NDLR), en référence à la victoire politico-scientifique russe qu’était la mise en orbite du satellite du même nom en pleine Guerre froide.

Les Philippines ont accepté l’offre russe de participer à cette phase d’essais ainsi qu’à sa production.  

Pour Anna Lisa Ong-Lim, professeur de maladies infectieuses à  l’université des Philippines, le calendrier gouvernemental prévoyant la mise à disposition du vaccin d’ici mai est « très optimiste ».  

Le pays doit également commencer le 17 août les essais cliniques du médicament antiviral japonais Avigan destiné à traiter les malades du coronavirus.  

Ce pays d’environ 107 millions d’habitants continue de lutter contre l’épidémie de coronavirus qui a déjà contaminé plus de 147 500 personnes et fait plus de 2400 morts.