(Paris) La deuxième boîte noire de l’Airbus A320 de la compagnie pakistanaise PIA qui s’est écrasé vendredi à Karachi a été retrouvée, a annoncé jeudi le Bureau d’enquêtes et d’analyses français (BEA), qui analysera les deux enregistreurs de vol.

Agence France-Presse

Le « Cockpit Voice Recorder » (CVR), qui enregistre les conversations entre pilotes et les bruits dans l’avion, notamment les éventuelles alarmes, a été retrouvé sur le site de l’accident par les enquêteurs du Bureau d’enquêtes pakistanais, l’AAIB, a précisé sur Twitter le BEA, qui participe à l’enquête en tant que « représentant accrédité » de l’État de conception de l’avion.

L’autre enregistreur de vol, le « Flight Data Recorder » (FDR), qui relève tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, régime des moteurs, trajectoire, etc.), a été récupéré et transmis aux enquêteurs pakistanais, avait annoncé samedi soir le PDG de la compagnie aérienne Arshad Malik.

Le CVR « sera un élément clé dans l’enquête sur l'écrasement », a tweeté Pakistan international airlines jeudi.

Les deux boîtes noires ont été retrouvées et « les autorités françaises vont les emporter avec elles », a déclaré le ministre de l’Aviation pakistanais Ghulam Sarwar Khan, lors d’une conférence de presse.

Les questions abondent sur le vol 8303, au cours duquel le pilote a fait une première tentative d’atterrissage, l’avion ayant plusieurs fois touché le sol, avant de repartir pour une seconde tentative.

Un enregistrement authentifié par un porte-parole de PIA fait entendre un appel de détresse du pilote à la tour de contrôle, dans lequel il déclare : « Nous avons perdu les moteurs ».

« La question à un million de dollars est de savoir pourquoi le pilote a choisi de (s’envoler à nouveau et tenter un nouvel atterrissage) après avoir touché le sol », a remarqué le ministre Khan.

Des experts évoquent la possibilité que le pilote ait d’abord essayé de faire atterrir l’Airbus sans que le train d’atterrissage ne soit sorti.

Les deux boîtes noires, dont l’état n’a pas été précisé, seront acheminées en France pour y être analysées par le laboratoire du BEA, l’un des rares organismes internationaux disposant des compétences en la matière, selon cette source.

L’A320 de la Pakistan International Airlines assurait un vol entre Lahore et Karachi et s’est écrasé vendredi sur une zone résidentielle, tuant 97 des 99 personnes à bord, dont huit membres d’équipage.

La carlingue de l’avion s’est écrasée dans une rue et des parties de l’appareil se sont retrouvées encastrées dans des immeubles, fragilisant certaines structures.

D’après le ministre de l’Aviation, un rapport préliminaire sur l'écrasement devrait être rendu public le 22 juin lors d’une session parlementaire.

Une équipe de trois enquêteurs du BEA accompagnés de six conseillers techniques du constructeur Airbus et d’un du motoriste Safran, sont arrivés mardi matin à Karachi pour participer à l’enquête. Leur présence sur place est prévue pour une semaine.

De fréquents écrasements d’avions et d’hélicoptères civils et militaires se sont produits au Pakistan au fil des ans.

Le dernier accident aérien d’ampleur dans le pays remonte à décembre 2016. Un avion de PIA effectuant un vol intérieur s’était écrasé dans le Nord montagneux, tuant 47 personnes.