(Washington) La crise du coronavirus ne doit pas servir de prétexte pour cibler les musulmans en Inde, a prévenu jeudi la diplomatie américaine, dans une rare prise de position sur la situation de la minorité religieuse dans le pays.

Agence France-Presse

« Nous avons vu en Inde des informations sur des discours regrettables de harcèlement liés à la COVID-19, en particulier contre la communauté musulmane, exacerbés par de fausses nouvelles partagées sur les réseaux sociaux », a déclaré à des journalistes Sam Brownback, responsable du département d’État chargé de la liberté religieuse.

Des enquêtes menées par l’AFP ont permis de révéler le caractère trompeur ou inexact de centaines d’articles relayés en Inde sur les réseaux sociaux, qui visaient les musulmans, y compris des vidéos douteuses montrant des membres de la minorité religieuse en train de lécher des fruits destinés à la vente.

Sam Brownback n’a pas accusé le gouvernement indien d’être derrière ce mouvement, assurant qu’il était « encouragé » par les déclarations publiques, y compris un appel du premier ministre Narendra Modi à l’unité.

Des membres du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti politique de Narendra Modi ont pourtant relayé certaines des centaines de milliers de publications utilisant le hashtag #CoronaJihad.  

La Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, qui conseille, mais ne définit pas, la politique du gouvernement, a déclaré le mois dernier que l’Inde devrait être mise sur une liste noire en raison de son recul « dramatique » de la liberté religieuse sous le gouvernement Modi.

New Delhi a rejeté catégoriquement cette critique et il est très peu probable que le Département d’État agisse contre l’Inde, un allié de plus en plus proche des États-Unis.