(Pékin) Un militant chinois qui réclamait la démission du président Xi Jinping en pleine épidémie du COVID-19 qui paralyse la Chine, a été accusé d’incitation à la subversion, ont annoncé lundi des militants des droits de l’homme.

Agence France-Presse

Xu Zhiyong est détenu depuis le 15 février, après la publication en ligne d’une série d’articles dans lesquels il critiquait la réponse du numéro un du Parti communiste chinois (PCC) à l’épidémie causée par le nouveau coronavirus.

« Un dirigeant politique compétent est inébranlable et voit des opportunités dans la crise. Mais chaque fois que vous êtes confronté à une crise majeure, vous êtes impuissant », avait notamment commenté Xu Zhiyong sur son blogue.  

PHOTO ISAAC LAWRENCE, AFP

Un policier passant devant les photos de prisonniers politiques (dont Xu Zhiyong) accrochées à la clôture du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong le 19 février dernier.

Le virus est apparu dès décembre à Wuhan, une ville du centre de la Chine dont les quelque 11 millions d’habitants sont placés en quarantaine depuis fin janvier.  

Mais la gravité de la maladie n’a été publiquement reconnue que le 20 janvier, quand le président Xi Jinping a appelé à enrayer l’épidémie.

La police a aussi arrêté sa compagne et sa soeur

La police de Pékin a déclaré samedi à la sœur de Xu Zhiyong que son frère avait été « assigné à résidence dans un lieu désigné », selon Hua Ze, un militant des droits de l’Homme en contact étroit avec la famille joint par l’AFP.

Cette forme de détention extrajudiciaire secrète pouvant durer jusqu’à six mois est souvent utilisée contre les dissidents politiques et les militants des droits de l’Homme.  

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Des manifestants prodémocratie à Hong Kong réclamant la libération de Xu Zhiyong et d’autres prisonniers politiques le 19 février dernier.

Dans la plus grande opacité, les détenus sont ainsi particulièrement vulnérables à la torture et à la coercition, affirment plusieurs associations de défense des libertés fondamentales.

La compagne de M. Xu, la féministe et militante des droits du travail Li Qiaochu, est également en détention depuis le 16 février.  

« Ces deux affaires sont étroitement liées », assure le dissident Hu Jia.

« La police les a placés en résidence surveillée et les a accusés (Xu Zhiyong et sa compagne) de subversion », a-t-il dit à l’AFP.

Cette accusation est passible d’une peine maximale de 15 ans de prison.  

Pour Patrick Poon, d’Amnistie internationale, il est « très probable » que la détention de Xu Zhiyong soit liée à ses commentaires sur la gestion par Xi Jinping de l’épidémie provoquée par le coronavirus.  

La raison exacte n’a cependant été confirmée ni par les autorités ni par la police de Pékin jointe par l’AFP.