(Pékin) La victoire de l’opposition aux élections locales de Hong Kong était passée sous silence mardi par les médias de Chine continentale, dont seules les éditions à destination de l’étranger évoquaient un vote « faussé » en faveur du camp démocrate.

Agence France-Presse

Les médias de Pékin, qui au cours du week-end avaient appelé les Hongkongais à se rendre aux urnes pour « dire non à la violence » en choisissant les candidats pro-Pékin, se gardaient mardi de publier les résultats du scrutin.

Lundi, le grand journal du soir de la télévision nationale s’est abstenu de parler des élections hongkongaises, qui ont vu les adversaires de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam l’emporter très largement, après près de six mois d’agitation dans la région semi-autonome.

Sans donner le résultat de la consultation, le Quotidien du peuple, le principal organe du Parti communiste au pouvoir, remarquait que les troubles avaient « gravement perturbé le processus électoral ».

La presse chinoise de langue anglaise, destinée aux lecteurs étrangers, faisait bien état de la défaite des candidats pro-Pékin.

Mais dans un éditorial, le quotidien China Daily affirmait que le scrutin avait été « faussé par des manœuvres d’intimidation » et « des coups bas ».

Dans son service en langue anglaise, l’agence Chine nouvelle estimait que l’élection des conseillers de district avait été « victime » des « émeutiers ».

« La campagne de certains candidats patriotes a été gravement perturbée et leur permanence mise à sac ou incendiée », a assuré l’agence de presse officielle. « Un candidat a été blessé lors d’une agression. Le harcèlement des candidats patriotes s’est poursuivi le jour même de l’élection ».

Le quotidien nationaliste Global Times reconnaissait que le résultat du scrutin devait inciter « à la réflexion » mais qu’il ne fallait pas « surinterpréter la victoire » du camp démocrate.

Le journal remarquait que compte tenu du mode de scrutin, ce dernier avait remporté « 80 % des sièges avec seulement 60 % des voix ».