(Séoul) Le ministre chinois des Affaires étrangères en visite à Pyongyang a réaffirmé mardi le soutien de Pékin à la Corée du Nord, promettant « une étroite communication » avec son partenaire au moment où les pourparlers avec Washington sont dans l’impasse.

Agence France-Presse

Pékin est le principal allié diplomatique et économique de Pyongyang.  

Les relations bilatérales s’étaient détériorées du fait de l’accélération des programmes nucléaires nord-coréens, qui ont entraîné de nouvelles sanctions internationales soutenues par Pékin. Les deux pays s’efforcent cependant, depuis plusieurs mois, de relancer leur relation.

Depuis mars 2018, le président chinois Xi Jinping et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se sont rencontrés cinq fois, Pékin cherchant à peser sur les relations diplomatiques entre Pyongyang et Washington.  

Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, est arrivé lundi pour trois jours à Pyongyang. Fin juin, Xi Jinping s’était rendu en Corée du Nord pour la première visite d’un président chinois dans ce pays depuis 14 ans.  

Wang Yi a affirmé à son homologue nord-coréen Ri Yong Ho que Pékin était prêt « à promouvoir […] une communication et une coopération étroites sur la scène internationale », a indiqué mardi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué.  

Son homologue nord-coréen a de son côté déclaré que son pays souhaite travailler avec la Chine afin de « promouvoir un plus grand développement » de leurs relations, selon le communiqué.

Les discussions bilatérales entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet entre le président américain Donald Trump et M. Kim, à Hanoï en février.

Ils s’étaient de nouveau rencontrés en juin à la frontière dans la Zone démilitarisée (DMZ), qui sépare les deux États depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53).

La rencontre avait débouché sur la décision de relancer les pourparlers. Ils n’ont pas repris depuis.

La Chine, soucieuse d’avoir de bonnes relations avec ses voisins, a toujours officiellement soutenu ces négociations.  

Pour Leif-Eric Easley, professeur à l’université Ewha à Séoul, cette visite « soulèvera des questions quant à leur coopération économique malgré les sanctions de l’ONU ».

« Pékin et Pyongyang pourraient aussi élaborer une stratégie pour exploiter les dissensions croissantes entre Séoul et Tokyo », a-t-il estimé.

La Corée du Nord, a-t-il toutefois observé, souhaite en même temps éviter d’être trop dépendante de la Chine.

« En dépit de signes de camaraderie, M. Kim ne choisit pas de camp, il utilise les gens les uns contre les autres », analyse-t-il.