(Séoul) La Corée du Nord a répondu lundi par une insulte à des critiques du conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, au moment où le président américain Donald Trump évoquait, lui, le « grand respect » entre Washington et Pyongyang.

Agence France-Presse

« Une telle erreur humaine doit s’en aller dès que possible », a déclaré lundi un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères au sujet de M. Bolton, en le qualifiant en outre de « maniaque de la guerre ».

La péninsule coréenne a connu à partir de l’année dernière une remarquable détente qui a permis la tenue de deux rencontres entre M. Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Mais les négociations sur la dénucléarisation sont dans l’impasse depuis l’échec du second sommet entre les deux hommes, en février à Hanoï.

Et le Nord a depuis fait monter la pression en procédant à deux tirs de missiles à courte portée.

Samedi, M. Bolton a jugé que ces deux essais constituaient « sans nul doute » une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, entraînant une cinglante réponse de Pyongyang lundi.

Le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a relevé que Pyongyang n’avait jamais accepté les interdictions qui lui sont faites par l’ONU d’utiliser la technologie balistique, en estimant qu’elles revenaient à lui nier « les droits d’un peuple souverain ».

« Bolton a dit que nos manœuvres militaires de routine violaient les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui est au-delà de la stupidité », a-t-il dit selon l’agence officielle KCNA.

Sans mentionner le terme de missiles, ce communiqué ajoute que ces lancements n’avaient visé ni menacé aucun pays voisin.

« Interdire les lancements utilisant la technologie balistique revient à nous demander de renoncer à notre droit à l’autodéfense », a-t-il poursuivi, avant d’accuser M. Bolton de « souffler l’idée de la guerre » aux oreilles de M. Trump.

Il a aussi accusé M. Bolton d’être « structurellement défectueux » et de travailler en vue de « détruire la paix et la sécurité ».

Quelques minutes avant la publication de ce communiqué, M. Trump, en visite au Japon, avait dit le « grand respect » existant entre les États-Unis et la Corée du Nord.

« Plein de bonnes choses vont se passer avec la Corée du Nord […] Nous avons fait beaucoup de chemin », a déclaré M. Trump à l’ouverture d’un sommet avec le premier ministre japonais Shinzo Abe.  

« La Corée du Nord a lancé quelques petites armes, ce qui a dérangé certains dans mon pays et d’autres, mais pas moi », avait par ailleurs lancé le président américain dimanche.