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La répression policière est lucrative en Chine

Un policier teste un modèle de visée télescopique... (Photo: AFP)

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Un policier teste un modèle de visée télescopique installé sur un fusil en plastique au salon de l'équipement policier à Pékin.

Photo: AFP

Tom HANCOCK
Agence France-Presse
Pekin

Des mannequins en tenue anti-émeutes, des voitures blindées et des drones font partie de la «technologie antiterroriste» proposée au salon de l'équipement policier à Pékin, où les vendeurs profitent d'un budget du maintien de l'ordre qui dépasse en Chine celui de l'armée.

Avec un nombre d'«incidents de masse» estimé à 180 000 par an, les fonds alloués à la sécurité intérieure s'élèvent cette année à 769 milliards de yuans (98 milliards d'euros), soit 200 milliards de plus qu'en 2010.

«Notre gouvernement a un budget annuel pour la sécurité publique bien plus élevé qu'autrefois», se réjouit Ryan Fan devant une série de vestes de sécurité noires, des casques pare-balles et des boucliers en plastique transparent.

«Ces produits sont avant tout destinés à la police anti-émeutes», explique-t-il.

Un peu plus loin, deux hommes en noir inspectent une paire de lunettes de vision nocturne et un groupe de policiers de la lointaine province du Jiangxi (sud-est) assiste à une démonstration d'un robot pour désamorcer les bombes.

«Nous avons beaucoup plus d'argent à dépenser, particulièrement dans la lutte contre le terrorisme», affirme un membre du groupe, qui refuse de donner son nom.

«L'État soutient énormément les dépenses de la police», constate aussi Lu Hui, un vendeur de scooters de modèle «Robostep», utilisé selon lui par les policiers patrouillant sur la place Tiananmen.

Ce lieu symbolique du pouvoir, théâtre du mouvement pour la démocratie du printemps 1989, est truffé de caméras de surveillance et les forces de l'ordre y sont constamment présentes en grand nombre, que ce soit en uniforme ou en civil.

Un autre stand du salon proposant des micros sans fil s'enorgueillit lui aussi de leur utilisation sur la fameuse place, pour repérer d'éventuels fauteurs de troubles.

Des dizaines de vendeurs proposent des technologies dernier cri comme des scanneurs qui interceptent les signaux des téléphones portables - au nombre de plus d'un milliard dans toute la Chine -, des micros d'écoute et des drones.

Un hélicoptère piloté à distance est vendu à partir de 100 000 yuans (12 700 euros). «Plusieurs départements de police à travers la Chine l'utilisent déjà», affirme un agent de la société Seven Dimension Information basée à Pékin.

Des entreprises étrangères sont également présentes au salon.

Un drone avec caméra embarquée s'affiche comme fabriqué en Australie, sur un stand tapissé de photos d'un quartier résidentiel prises par l'aéronef.

Non loin, des véhicules de police de marque Mercedes, Ford ou Hyundai marqués «Police» trônent sur des podiums blancs.

Les organisations de défense des droits de l'Homme condamnent les sociétés qui aident les autorités chinoises à mettre en place de vastes systèmes de surveillance.

«Les technologies de surveillance nous inquiètent de plus en plus», souligne Kaye Stearman, de l'ONG britannique Campaign Against the Arms Trade (Campagne contre le commerce des armes).

L'interdiction d'exporter des armes vers la Chine votée par l'UE après le massacre de la place Tiananmen en 1989 ne s'applique pas à la plupart des matériels utilisés pour la répression des troubles intérieurs.

Les autorités renforcent la police pour «réagir au nombre de manifestations en rapide augmentation et aux menaces potentielles sur l'internet», relève de son côté Chih-Jou Jay Chen, chercheur à l'Academia Sinica de Taïwan.

Et malgré l'absence de promotion de Meng Jianzhu, le plus haut responsable de la Sécurité, lors du dernier congrès du Parti communiste, les vendeurs de matériel ne se font guère de souci.

«Nous allons continuer à avoir plus d'argent, le modèle de maintien de la stabilité va perdurer», affirme Chen Dahai, un ancien de la police criminelle reconverti dans la vente d'appareils de détection d'empreintes digitales.

Les forces de l'ordre ont d'après lui tellement d'argent «qu'elles ont du mal à le dépenser».




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