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Aider l'Inde rurale, une vidéo à la fois

À l'invitation de Laurette Dubé, professeure à l'Université... (PHOTO Martin Chamberland, La Presse)

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À l'invitation de Laurette Dubé, professeure à l'Université McGill, Vijay Kumar est venu présenter à Montréal la méthode utilisée par l'organisme Digital Green pour convaincre les fermiers indiens de changer leurs pratiques.

PHOTO Martin Chamberland, La Presse

L'Inde rurale, qui abrite plus de 60% de la population indienne et plus de 300 millions de pauvres, est mal en point. Un organisme, né dans les laboratoires de Microsoft, espère changer la donne.

Un fonctionnaire indien arrive dans un village. Il choisit un fermier influent. Lui enseigne une nouvelle technique pour améliorer sa production et repart, promettant de revenir. Neuf fois sur dix, ses enseignements restent lettre morte.

«Depuis la révolution verte indienne, c'est cette technique dite de l'enseignement et de la visite qui était privilégiée. Mais le pays n'a jamais pu embaucher assez de gens pour faire ce travail et son efficacité est questionnable», note Vinay Kumar, qui était en visite cette semaine à l'École de gestion de l'Université McGill.

Or, note le gestionnaire, les statistiques sur l'Inde rurale sont alarmantes. La majorité des quelque 650 millions d'Indiens qui dépendent de l'agriculture vivent dans la pauvreté et 80% d'entre eux sont affligés par la malnutrition, précise Vinay Kumar.

Comment changer la donne? Un début de réponse a émergé du laboratoire de Microsoft, sous la direction de Rikin Gandhi, ingénieur du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce jeune Américain d'origine indienne a élaboré une plateforme web et la technologie qui l'accompagne pour permettre aux centaines de millions de fermiers et de villageois de l'Inde de partager les meilleures pratiques, autant en agriculture qu'en santé.

Près de 6200 vidéos

Leurs enseignements, qui prennent actuellement la forme de 6200 vidéos, qu'ils ont produites eux-mêmes et qui sont diffusées sur le site de Digital Green dans 26 langues et dialectes. Les fermiers y parlent autant de la culture du riz que de l'accouchement à domicile.

Dans les villages de l'Inde, où l'accès à l'Internet est toujours limité, ces vidéos sont diffusées par des «facilitateurs» formés par Digital Green. À l'aide d'un petit projecteur fonctionnant à piles, ils peuvent organiser des séances même dans les villages qui n'ont pas l'électricité. «Tout ce que ça prend, c'est une surface pâle», note M. Kumar.

Ces soirées vidéo, assorties de discussions, font rapidement leurs preuves. Les fermiers, note M. Kumar, aiment apprendre de leurs pairs.

«Le taux d'adoption des techniques enseignées est sept fois plus élevé qu'avec l'ancienne technique gouvernementale», explique Vinay Kumar, directeur de l'exploitation à Digital Green.

Un objectif de 350 millions de fermiers

Mis sur pied en 2009, Digital Green est aujourd'hui une organisation indépendante de Microsoft. Jusqu'à maintenant, ses vidéos ont été vues par 160 000 fermiers indiens, dont une grande majorité de femmes.

En s'associant au gouvernement indien pour étendre ses activités, l'organisation espère atteindre 350 millions d'Indiens au cours des 10 prochaines années. Et elle commence déjà à étendre ses tentacules en Afrique, où des projets-pilotes sont en cours dans quatre pays.

Le but ultime de Digital Green est de permettre aux agriculteurs de tirer le maximum de leurs terres, mais surtout, de mieux nourrir leur famille. «Plus les fermiers vont faire pousser des choses nutritives, plus la population sera en santé. Nous commençons à peine à mesurer l'impact de nos programmes», explique M. Kumar. Il ajoute qu'à long terme, c'est sur toute la planète que Digital Green veut planter le changement. Une vidéo à la fois.




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