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Les Chinois se mobilisent pour soutenir un journal censuré

Pour la deuxième journée consécutive, des militants pour... (PHOTO AP)

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Pour la deuxième journée consécutive, des militants pour la liberté d'expression se sont rassemblés devant les bureaux de l'hebdomadaire Nanfang Zhoumo, dans la grande ville méridionale de Canton.

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Agence France-Presse
Canton, Chine

Un vaste mouvement en faveur d'un hebdomadaire réformiste, récemment victime de la censure, s'est renforcé mardi en Chine, des célébrités et blogueurs en vue apportant leur soutien aux manifestants qui sont à nouveau descendus dans la rue.

Pour le deuxième jour consécutif, des militants pour la liberté d'expression se sont rassemblés devant les bureaux de l'hebdomadaire Nanfang Zhoumo, dans la grande ville méridionale de Canton.

«Le gouvernement se sert des médias à ses propres fins», dénonçait sur place un jeune homme de 24 ans nommé Leung. «Si nous ne sortons pas pour défendre ce journal, alors notre société jouira de moins en moins d'espace de liberté».

Dans un fauteuil roulant, un homme brandissait une banderole affichant : «Résistez à la censure, reprenons notre liberté de parole».

Des manifestants portaient des chrysanthèmes en signe de deuil tandis que d'autres cachaient leur visage derrière un masque du célèbre conspirateur anglais Guy Fawkes, devenu le symbole des «Anonymous», connus pour leur lutte contre les atteintes aux libertés sur l'internet.

Des journalistes ont confié à l'AFP que des négociations étaient en cours entre le personnel du journal et des officiels gouvernementaux pour mettre un terme au conflit, mais en attendant la colère ne retombait pas.

Le Nanfang Zhoumo avait, dans un billet du Nouvel An, appelé la Chine à des réformes politiques, et notamment à l'adoption d'une Constitution garantissant véritablement les droits des citoyens. Cet éditorial a été profondément remanié par un responsable de la propagande de la province méridionale du Guangdong, où est basée la publication.

Cette réécriture a déclenché des réactions outrées chez les journalistes de l'hebdomadaire, ainsi que chez leurs confrères ailleurs dans le pays.

«Une main noire a tiré un rideau lourd et opaque, bloquant la clarté et l'air frais. Il n'y a plus de week-end dans le Sud», a écrit dans un microblogue Wang Keqin, un journaliste d'investigation réputé, en référence au nom du journal censuré qui signifie littéralement «Week-end Sud».

La mobilisation a rapidement dépassé largement le cadre des salles de rédaction chinoises. Des milliers d'internautes ont pris fait et cause pour le journal et exigé l'abolition de la censure, très active pour empêcher toute critique du gouvernement ou mention de la question des droits de l'homme.

Des personnalités, parmi lesquelles, certaines évitant généralement d'intervenir sur des questions politiques, ont apporté leur appui au journal.

L'actrice Yao Chen, par exemple, qui compte 32 millions d'abonnés sur son compte de microblogue Weibo, l'équivalent chinois de Twitter, a posté une photo du logo du Nanfang Zhoumo, le journal censuré, avec la citation de Soljenitsyne : «Une parole de vérité pèse plus que le monde entier».

L'acteur Chen Kun, qui a, quant à lui, 27 millions d'abonnés, a déclaré : «Je ne vais pas mâcher mes mots, je soutiens les amis du Nanfang Zhoumo».

«Les médias chinois sont aujourd'hui à un tournant historique. Une mobilisation sans précédent a vu le jour pour dénoncer le couperet des censeurs. Elle démontre que les journalistes chinois, déterminés collectivement, peuvent exercer une pression sur les autorités du pays», a estimé l'ONG Reporters sans frontières.

Le plus célèbre blogueur chinois, Han Han, a également fait irruption dans le débat, en rendant hommage au Nanfang Zhoumo, qui depuis des années est l'un des titres les plus audacieux face au pouvoir chinois.

Han Han a souhaité «transmettre un peu d'énergie (au journal) pour l'aider à avancer».

Les autorités sont désormais dans une situation délicate, car un tour de vis supplémentaire reviendrait, selon des analystes, à jeter de l'huile sur le feu.

«Le gouvernement marche sur des oeufs. Il doit en effet s'assurer à ne pas envenimer la situation jusqu'à un point hors de contrôle, par exemple en agissant avec une main trop lourde et en commençant à arrêter des gens ou en tentant d'en licencier», a expliqué à l'AFP Doug Young, un professeur de journalisme à l'Université Fudan de Shanghai.




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