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Un dictateur aux abois

Kim Jong-il... (Photo: archives AP)

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Kim Jong-il

Photo: archives AP

Il y a d'abord eu un changement de gouvernement en Corée-du-Sud au début de l'année 2008, ramenant un conservateur au pouvoir après une décennie de présidents de gauche qui cherchaient le rapprochement avec les cousins du Nord. Ensuite, les délais dans les négociations avec les États-Unis, à cause de l'influence en déclin d'un George W. Bush en fin de mandat. Enfin, un accident vasculaire cérébral qui a laissé le leader nord-coréen, Kim Jong-il, sur le carreau pendant presque six mois.

Voilà les trois raisons qui expliquent que la Corée-du-Nord ait choisi de procéder maintenant à son lancement. «C'est une tempête parfaite «, estime Leon Sigal, un politologue du Social Science Research Council, en entrevue téléphonique depuis New York. «Il y a des problèmes à la fois stratégiques, envers les États-Unis, plus locaux qui concernent la Corée-du-Sud, et internes.

 

Kim Jong-il en a conclu qu'il fallait frapper un grand coup.» «Les États-Unis ont lambiné sous Bush, et maintenant ils ne peuvent plus accorder autant d'importance à la péninsule coréenne à cause de la crise économique, dit M. Sigal. Les Nord-Coréens estiment qu'une démonstration de force peut rappeler leurs adversaires à la table de négociations.

Ce n'est qu'après un lancement similaire puis l'explosion d'une bombe nucléaire, en 2006, que le président Bush a accepté de conclure un accord avec la Corée-du-Nord.» L'accord prévoyait de l'aide humanitaire et économique, ainsi qu'une normalisation des relations, en échange du démantèlement du programme nucléaire nord-coréen, ma is son application est gelée depuis l'automne à cause d'un problème d'interprétation.

Le nouveau président sudcoréen, Lee Myung-bak, a dès son arrivée annoncé un durcissement des relations avec le Nord. «Je ne craindrai pas de critiquer le Nord si cela est nécessaire», a déclaré d'entrée de jeu M. Lee, qui a été maire de Séoul, une ville qui vit sous la menace de l'arsenal nord-coréen. Pyongyang a riposté en fermant progressivement les frontières, bloquant parfois pendant plusieurs jours des Sud-Coréens qui gèrent des entreprises et exploitent la main-d'oeuvre bon marché du Nord. Des menaces de fermeture de la ligne d'urgence militaire entre les deux pays et d'attaques contre les pêcheurs sud-coréens travaillant à proximité d'une zone contestée de la mer de Chine ont été proférées, sans être mises à exécution.

Luttes de pouvoir

Les problèmes de santé du dic tateur nord-coréen qui n'ont jamais été officiellement confirmés par Pyongyang ont fort probablement causé des luttes de pouvoir, selon M. Sigal. «Tout ce qu'on sait, c'est qu'il n'a pas été aperçu en public pendant plusieurs mois, dit le politologue new-yorkais. Ça ne peut qu'avoir rendu très concrète la question de sa succession, qui est pour le moment une inconnue totale. «

Les experts de la transition démocratique de l'Europe de l'Est donnent chacun leur avis. L'absence de tradition démocratique en Corée-du-Nord, qui n'a pas connu d'élections depuis plus d'un siècle, ainsi que la mainmise de l'État sur la population, sans précédent dans l'histoire, selon M. Sigal, empêchent de considérer sérieusement une démocratisation. Récemment, un politologue roumain a évoqué la possibilité que l'armée prenne le pouvoir, comme elle l'avait fait en Roumanie après Ceaucescu.

Le dictateur roumain admirait beaucoup Kim Il-sung, le fondateur de la Corée-du-Nord, et a tenté d'atteindre le même degré de mainmise sur son peuple, note le politologue Greg Scarlatoiu sur le site de Nautilus, un organisme d'analyse politique sur les États riverains du Pacifique.

AUTRE TEXTE: OBAMA VEUT UN MONDE SANS ARMES NUCLÉAIRES, PAGE A14

 




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