(Buenos Aires) La police antiémeute de l’Argentine a dispersé les manifestants à l’aide de canons à eau devant le Congrès mercredi, intensifiant les tensions avant que les législateurs ne votent sur la réforme de l’État et les projets de loi fiscaux proposés par le président Javier Milei.

Les opposants politiques du libertaire Milei, de puissants syndicats et des milliers de manifestants ont commencé à converger vers le Congrès mercredi matin, lorsque le Sénat a ouvert le débat sur la législation clé.

Les manifestants ont exhorté les sénateurs à rejeter le programme d’austérité sévère et de déréglementation économique de M. Milei. Des centaines de policiers appuyés par des véhicules blindés équipés de canons à eau ont bloqué la route aux abords de la place du centre-ville de Buenos Aires, la capitale du pays. Les manifestants se sont bousculés contre la chaîne de policiers.

PHOTO GUSTAVO GARELLO, ASSOCIATED PRESS

Des manifestants antigouvernementaux affrontent la police devant le Congrès, alors que les législateurs débattent d’un projet de réforme promu par le président argentin Javier Milei à Buenos Aires, en Argentine, le mercredi 12 juin 2024.

Le vote est le test le plus sérieux à ce jour de la vision du leader libertaire en matière de gouvernance et de changement.

M. Milei a accédé au pouvoir en promettant qu’il résoudrait la pire crise économique que l’Argentine ait connue depuis deux décennies. Mais son parti politique, composé de novices, ne détient qu’une infime minorité de sièges au Congrès et il a eu du mal à conclure des accords avec l’opposition.

Les sénateurs ont commencé mercredi à débattre de deux projets de loi, un paquet fiscal qui abaisse le seuil de l’impôt sur le revenu et un projet de loi de réforme de l’État de 238  articles, initialement surnommé le « projet de loi omnibus » en raison de ses plus de 600 articles.

Cette version édulcorée délègue toujours de larges pouvoirs législatifs au président en matière d’énergie, de retraites et de sécurité, et comprend des mesures visant à encourager l’investissement, à déréglementer l’économie et à réduire le déficit.

Certains sujets délicats, comme la prise en charge des soins de santé par les syndicats et la privatisation de la compagnie pétrolière nationale argentine, ont été abandonnés dans l’espoir de parvenir à un compromis.