(Caracas) Le parquet du Venezuela a lancé mercredi quatre nouveaux mandats d’arrêt contre des personnes qu’il accuse d’être liées à la mort d’un jeune homme « lynché » lors de manifestations de l’opposition en 2017, tout en réitérant sa demande à l’Espagne d’extrader le principal suspect.

Orlando Figuera, 21 ans, avait été poignardé, aspergé d’essence et brûlé vif lors d’une manifestation contre le gouvernement de Nicolas Maduro le 20 mai 2017 à Caracas. Il était mort quelques jours plus tard, brûlé sur 80 % de son corps.

Le gouvernement affirme qu’il a été lynché, accusé d’être « chaviste » (propouvoir, favorable aux héritiers de Hugo Chavez) et qualifie sa mort de « crime de haine ». 

« Après un examen exhaustif de l’affaire, [le parquet] a déterminé qu’avant l’incident, la victime avait déjà eu des altercations avec des personnes qui commettaient des actes criminels dans cette zone (de la manifestation). Nous avons demandé de nouveaux mandats d’arrêt pour Angel Sucre, Kleiver Hernandez, Yuber Rodriguez et Elio Carrasquel », a déclaré le procureur général Tarek William Saab, lors d’une conférence de presse. 

« Une cinquième personne, alias “El Malandrin” (le petit malfrat), est en cours d’identification et a été désignée par la victime […] comme l’une des personnes qui l’ont poignardé […], ce qui a ensuite causé sa mort », a poursuivi M. Saab.

M. Saab a souligné que le parquet n’avait pas renoncé à l’extradition par l’Espagne d’Enzo Franchini, soupçonné d’avoir allumé l’incendie sur le corps de la victime.

Enzo Franchini avait été arrêté en Espagne dans le cadre d’une alerte rouge d’Interpol. Son extradition avait été approuvée, mais un recours évoquant de possibles « violations de ses droits de l’homme » a bloqué la procédure, selon M. Saab.

« Et qu’en est-il des droits de l’homme d’Orlando Figuera ? Assassiné, il a agonisé pendant un mois » (14 jours en réalité), a déclaré M. Saab. « Nous espérons qu’il y aura un moment de conscience, de réflexion de la part des autorités politiques du Royaume d’Espagne et des autorités judiciaires, et qu’elles comprendront que cela ne peut pas être oublié, qu’il n’y a pas de pardon ou d’oubli ».

Les dirigeants de l’opposition et les organisations de défense des droits de la personne ont dénoncé la forte répression menée par la police et de l’armée contre les manifestations à Caracas et dans d’autres villes, qui a fait quelque 125 morts.

La Cour pénale internationale (CPI) a rejeté en mars un appel du Venezuela contre son enquête sur les crimes contre l’humanité lors de ces manifestations antigouvernementales.