(Mexico) Le ministre mexicain des Finances a tenté de rassurer mardi les investisseurs après la chute de la bourse de Mexico lundi (-6 %) au lendemain de la victoire écrasante du parti de gauche au pouvoir à la présidentielle et au Parlement.

Le ministre des Finances Rogelio Ramirez de la O a appelé « des organismes internationaux et des investisseurs privés » pour leur garantir que « la stabilité macro-économique et la prudence fiscale » seront les priorités de la présidente désignée Claudia Sheinbaum quand elle prendra ses fonctions le 1er octobre.

La bourse de Mexico rebondissait de trois points mardi matin.

Portée par la popularité du président sortant Andres Manuel Lopez Obrador, Mme Sheinbaum est devenue la première femme élue présidente dans l’histoire du Mexique avec une victoire écrasante face à sa rivale Xochitl Galvez.

L’ex-maire de Mexico pourra s’appuyer sur une majorité des deux tiers à la Chambre des députés, et peut-être au Sénat, selon les résultats partiels de l’Institut national électoral (INE).

Si les tendances se confirment, le Mouvement pour la régénération nationale (Morena) au pouvoir et ses alliés pourraient modifier la Constitution à leur guise.

Le projet de nouvelle administration « s’appuie sur la discipline financière, en respectant l’autonomie de la Banque centrale, l’attachement à l’État de droit, en facilitant l’investissement privé national et étranger », d’après la transcription de l’entretien diffusé par le ministère des Finances.

Lundi, Mme Sheinbaum a indiqué que M. Ramirez de la O avait accepté de rester à son poste quand elle prendra ses fonctions le 1er octobre.

Mme Sheinbaum s’est engagée à poursuivre la politique de son prédécesseur Andres Manuel Lopez Obrador, en construisant « un État-providence » à l’aide de programmes sociaux et d’allocations.

Elle hérite d’un déficit qui pourrait être de 5,9 % du PIB cette année, le plus élevé depuis des décennies, d’après le Fonds monétaire international (FMI).

L’agence de notation S&P Global Ratings a déclaré mardi qu’il n’était pas probable « que la nouvelle administration change la politique fiscale, monétaire ou commerciale » du Mexique, premier partenaire des États-Unis.

« Comme les administrations précédentes, le nouveau gouvernement du pays devra relever le défi de maintenir la stabilité économique tout en satisfaisant les attentes pour de meilleures conditions de vie et davantage de services publics », ajoute S&P dans un communiqué.

« Bien que la croissance économique du Mexique ait été de 3,1 % l’année dernière, elle reste sous-performante comparée à d’autres marchés émergents », a ajouté l’agence de notation.