(Quito) L’Équateur va procéder à un recensement des détenus à partir de la semaine prochaine dans toutes les prisons du pays, théâtre de violences récurrentes entre gangs rivaux, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Publié le 19 août
Agence France-Presse

Ce recensement débutera dès lundi « dans les 36 centres de privation de liberté du pays », a indiqué l’administration pénitentiaire (SNAI) dans un communiqué.

L’opération permettra de mettre à jour les informations sur les détenus afin « d’améliorer leurs conditions de vie et pour une meilleure administration » des centres de détention.

Pour le SNAI, « il est fondamental » de disposer de statistiques fiables sur les établissements pénitentiaires afin de mieux définir les « politiques publiques et stratégies » pour garantir notamment « une meilleure réhabilitation et réinsertion sociale » des détenus.

Selon les estimations officielles, les prisons surpeuplées du pays abritent quelque 35 000 prisonniers, dont de nombreux membres de gangs liés au narcotrafic. Depuis février 2021, l’Équateur a connu sept massacres entre prisonniers, qui ont fait plus de 400 morts. Les autorités se sont montrées jusqu’à présent incapables de juguler ces violences, souvent perpétrées à l’arme blanche et marquées par des décapitations et autres actes de barbarie.

En 2021, l’Équateur a saisi un record de 210 tonnes de drogues, principalement de la cocaïne. Pour 2022, les saisies ont atteint à ce jour environ 70 tonnes.

Bordé par la Colombie et le Pérou, les plus grands producteurs de cocaïne au monde, l’Équateur sert de port de départ pour les expéditions de drogues, principalement vers les États-Unis et l’Europe. L’année dernière, ce pays de 17,7 millions d’habitants a enregistré un taux de 14 meurtres pour 100 000 habitants, soit près du double de celui de 2020.