(Caracas) Le Conseil national électoral (CNE) vénézuélien a déclaré jeudi « irrecevable » la demande de référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro déposée par des opposants vénézuéliens, qui avaient déjà annoncé renoncer à leur initiative en raison des conditions imposées par l’autorité électorale.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

« Le CNE déclare irrecevable la demande de référendum révocatoire sur le mandat du président » et « déclare irrecevable une nouvelle demande de référendum », a déclaré Tania D’Amelio, l’une des cinq recteurs de l’autorité électorale.  

« 42 421 manifestations de volonté ont été reçues », soit « 1,01 % du registre électoral », a précisé la représentante de l’autorité électorale, considérée par l’opposition comme inféodée au pouvoir.  

L’initiative d’un référendum révocatoire avait été lancée par une petite fraction de l’opposition, sans le soutien des grands partis. Pour mener à bien le processus, les signatures de 20 % des listes électorales dans chaque État (quelque 4,2 millions au total) devaient être recueillies.  

Or les conditions posées par le CNE, à savoir un délai de 12 heures pour recueillir ces signatures, rendaient le processus « irréalisable », a dénoncé le Mouvement vénézuélien pour la révocation (Mover), promoteur du référendum, qui avait appelé dès vendredi les Vénézuéliens à ne pas y participer.  

Mover a annoncé qu’il allait demander la nullité du processus devant la Cour suprême.  

L’opposition vénézuélienne a déjà tenté sans succès en 2016 de réclamer un référendum révocatoire contre le premier mandat de Nicolas Maduro (2013-2018).

Ce dernier a été réélu en 2018 lors d’un scrutin qualifié de « fraude » par ses opposants et rejeté par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine. L’opposant Juan Guaidó s’était autoproclamé président intérimaire du pays, mais il n’a pas réussi à évincer M. Maduro du pouvoir.  

Les prochaines élections présidentielles sont prévues en 2024.