(Heredia) Un groupe présumé opposé au vaccin anti-COVID-19 s’est introduit mercredi dans un hôpital à Heredia au Costa Rica, attaquant agents de sécurité, patients et personnel médical, afin d’en faire sortir de force un garçon de six ans, selon les autorités sanitaires.

Mis à jour le 27 janvier
Agence France-Presse

« L’hôpital a été attaqué par un groupe d’anti-vaccins qui sont entrés de manière violente, ont agressé les agents, les patients et le personnel et ont mis en danger tout le monde à l’intérieur », a déclaré la directrice du centre médical, Priscilla Balmaceda.  

L’enfant est toujours hospitalisé et pourra sortir « une fois que les services de pédiatrie et de travail social de l’hôpital l’auront autorisé », a-t-elle précisé.

Selon Mme Balmaceda, le groupe, composé d’une trentaine de personnes, tentait de faire sortir l’enfant, qui avait été hospitalisé quelques jours plus tôt pour une affection respiratoire, et dont la vaccination avait donc été recommandée, malgré l’opposition de ses parents.  

« Le père de l’enfant, un conseiller juridique et la députée Shirley Diaz ont été reçus et nous avons respectueusement parlé et expliqué que nous devions attendre que le service social indique que les conditions de sortie sont réunies […]. Quelques minutes plus tard, l’hôpital a été attaqué par le groupe anti-vaccins », a-t-elle expliqué.

Six personnes arrêtées

Mme Balmaceda a déclaré que le groupe avait essayé d’atteindre le quatrième étage, où se trouve l’enfant, et le bureau de l’assistante sociale.  

L’incident, filmé par des manifestants et du personnel de l’hôpital, a entraîné l’arrestation de six personnes, deux hommes et quatre femmes, remis à la justice pour délit de rébellion.  On ne sait pas si l’un des parents de l’enfant était parmi eux.

La Caisse de sécurité sociale du Costa Rica (CCSS), qui gère les hôpitaux publics du pays, a déclaré qu’elle dénoncerait toutes les personnes impliquées, qui ont déjà été identifiées.

« Je rejette catégoriquement la violente attaque contre l’hôpital San Vicente de Paúl », a réagi quelques heures plus tard le président Carlos Alvarado sur les réseaux sociaux. « Nous soutenons la plainte que la CCSS déposera auprès du ministère public, afin que les responsables puissent répondre de leurs actes ».

L’incident a entraîné l’évacuation de l’hôpital et la suspension des consultations, des rendez-vous en laboratoire, des radiographies et la fermeture temporaire de la pharmacie.  

Au Costa Rica, la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans est obligatoire depuis novembre.  

Si leurs parents ou tuteurs légaux s’y opposent, l’Agence nationale de protection de l’enfance (PANI) peut intervenir.

Cette obligation a provoqué des manifestations ces dernières semaines devant l’Assemblée législative en faveur de la liberté de décision des parents.