(Sao Paulo) Le président brésilien Jair Bolsonaro s’est remis de l’occlusion intestinale pour laquelle il a dû être hospitalisé à Sao Paulo et subira pas d’intervention chirurgicale, a indiqué mardi l’hôpital, sans fixer de date pour sa sortie.

Mis à jour le 4 janvier
Agence France-Presse

Selon le dernier bulletin publié par l’hôpital Vila Nova Star de la ville de Sao Paulo, M. Bolsonaro « a évolué avec une bonne acceptation du régime liquide qui lui a été proposé pendant la journée, ce qui a conduit au retrait de la sonde naso-gastrique ».

C’est la même option de traitement conservateur qu’avaient choisie les médecins du président lors de sa dernière hospitalisation, durant quatre jours en juillet 2021, dans le même hôpital et pour la même affection.  

« Le tube digestif du patient montre des signes de récupération. Aucune autorisation de sortie n’est prévue pour l’instant », peut-on aussi lire dans le bulletin de l’hôpital.

Cet établissement avait annoncé mardi matin dans un communiqué que « l’état subocclusif intestinal » du président – une obstruction partielle du transit – « s’est résolu » et qu’« une intervention chirurgicale n’est pas nécessaire ».

La décision de ne pas opérer a été prise par le chirurgien Antonio Luiz Macedo, qui a interrompu ses vacances aux Bahamas pour examiner le président à l’aube mardi.

À neuf mois de l’élection présidentielle, le chef de l’État de 66 ans a dû quitter dans la nuit de dimanche à lundi son lieu de vacances dans l’État méridional et balnéaire de Santa Catarina pour être transporté à Sao Paulo et admis à l’hôpital Vila Nova Star.

Photos sur les réseaux sociaux

Des photos publiées sur les réseaux sociaux sur les comptes de Jair Bolsonaro et de son épouse Michelle montrent le Dr Macedo, qui a déjà opéré le président par le passé, lui faire une palpation abdominale. Parmi les mots-clés : #foi #Jésus #président.

Sur une autre photo, on voit Bolsonaro marcher dans les couloirs de l’hôpital, en bermuda noir, et toujours équipé d’une sonde gastrique et d’une perfusion intraveineuse.  

Depuis l’attentat à l’arme blanche dont il a été victime en septembre 2018, en pleine campagne électorale pour la présidentielle, Jair Bolsonaro a subi une succession d’alertes abdominales.

Poignardé à l’intestin lors d’un bain de foule, il avait échappé de peu à la mort. Les séquelles de cet attentat, qui lui a valu d’être opéré quatre fois de l’abdomen, ont émaillé son mandat.

Un chirurgien de l’appareil digestif cité mardi par le quotidien O Globo estimait que Jair Bolsonaro, qui souhaite se représenter à la présidentielle en octobre, serait probablement toute sa vie handicapé par des problèmes intestinaux.

L’un de ses fils, le sénateur Flavio Bolsonaro, a déploré dans une interview accordée à la chaîne internationale CNN les conséquences à vie du coup de couteau sur son père. Le choc est « non seulement physique, mais aussi psychologique. Il doit renoncer à beaucoup de choses, il a une restriction alimentaire permanente, il doit maintenir une certaine routine », a-t-il énoncé.

Mais deux tweets ont été publiés sur le compte officiel du président, au sujet de l’approbation d’un abattement fiscal pour l’importation de matériel scientifique, une façon de montrer qu’il reste aux commandes du pays malgré son hospitalisation.

Jair Bolsonaro a été critiqué lors des fêtes de fin d’année pour être resté sur son lieu de vacances à Santa Catarina plutôt que de se rendre dans l’État de Bahia, sinistré par des inondations.

Ce sont finalement ses douleurs abdominales qui l’ont fait écourter son séjour.

Le président d’extrême droite aborde sa dernière année de mandat dans une position délicate, avec une cote de popularité au plus bas et des sondages le donnant largement battu au scrutin d’octobre par l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Le contexte économique au Brésil est également préoccupant, avec une inflation galopante et des prévisions de croissance guère optimistes pour 2022.