(Lima) L’ancien président péruvien Alberto Fujimori, extradé par le Chili en 2007, ne peut pas être jugé pour les stérilisations forcées de milliers de femmes entre 1996 et 2000, car la demande d’extradition ne prévoyait pas ce chef d’accusation, a indiqué vendredi un magistrat péruvien.

Publié le 3 déc. 2021
Agence France-Presse

M. Fujimori, président entre 1990 et 2000, pourra être poursuivi pour ce chef d’accusation seulement si la Cour suprême du Chili l’autorise, puisque c’est elle qui a accepté en 2007 l’extradition de l’ancien chef d’État poursuivi dans son pays pour corruption et violations des droits humains, a-t-il précisé.

Ce magistrat devait décider si l’ancien président, âgé de 83 ans, et qui purge une peine de 25 ans de prison, pouvait également être jugé suite aux 1317 plaintes concernant des stérilisations forcées, une affaire ouverte en 2002 puis classée avant d’être rouverte à nouveau plusieurs fois.

On estime à environ 270 000 le nombre de femmes, la plupart indigènes ne parlant pas l’espagnol, qui ont été contraintes de subir une ligature des trompes à des fins de stérilisation, dans le cadre du Programme national de santé de la reproduction et de planification familiale, mis en œuvre par l’ancien président Fujimori.

Le but de ce programme était de réduire le taux de natalité au Pérou afin de favoriser la croissance économique. Au moins 18 femmes sont mortes au cours de ces opérations, selon des chiffres officiels.