(Caracas) Le président vénézuélien Nicolas Maduro s’est dit prêt à discuter avec le leader de l’opposition Juan Guaidó avec une médiation internationale, lors d’une intervention télévisée mercredi soir.  

Agence France-Presse

« Maintenant, Guaidó veut s’asseoir avec moi […] Je suis d’accord, avec l’aide de l’Union européenne, du gouvernement norvégien (actif dans ce dossier), avec le groupe de contact. Quand ils veulent, où ils veulent et comme ils veulent », a lancé M. Maduro.  

Les négociations entre le régime de M. Maduro et l’opposition sont au point mort depuis août 2019.

M. Guaidó, reconnu comme président par intérim par une partie de la communauté internationale (58 pays dont les États-Unis), a proposé mardi au pouvoir de négocier la levée des sanctions contre notamment « un calendrier pour des élections libres et justes », réclamant « un accord de salut national ».  

Je suis prêt à me réunir avec toute l’opposition pour voir ce qu’il en sort. Pour voir s’il en sort quelque chose de bon et qu’ils abandonnent le chemin de la guerre, de l’invasion, des attentats, du coup d’État, et viennent sur le chemin électoral.

Nicolas Maduro lors d'une allocution à la télévision publique

Le chef de l’État, qui avait traité Guaidó de « grand idiot » la veille, s’est toutefois une nouvelle fois montré véhément : « C’est fini Guaidó, ta présidence est finie. Tu es “petit” leader opposant. Maintenant, tu vas pouvoir discuter avec Maduro ».  

La Norvège avait endossé le rôle de médiateur entre le pouvoir et l’opposition lors des négociations de 2019 qui avaient été suspendues après le durcissement des sanctions américaines.

Le Groupe international de contact regroupe des pays européens et latino-américains voulant mettre fin à la crise vénézuélienne.  

Le Venezuela, qui traverse une grave crise, doit faire face aux sanctions économiques imposées notamment par les États-Unis qui cherchent à évincer Nicolas Maduro du pouvoir.  

L’appel de M. Guaidó intervient quelques jours après la mise en place du nouveau Conseil national électoral (CNE) par l’Assemblée nationale, où le pouvoir dispose de 256 sièges sur 277. M. Guaidó a dit ne pas reconnaître le Conseil, dont 3 des 5 membres sont favorables au pouvoir.

Le CNE doit organiser tous les scrutins pour les sept prochaines années, et notamment des régionales couplées à des municipales d’ici à la fin de l’année.

L’opposition a boycotté la présidentielle de 2018 et les législatives de 2020.