(Rio de Janeiro) Un collectif de plus de 280 associations de défense de l’environnement et de représentants de l’agronégoce au Brésil a réclamé mardi au gouvernement Bolsonaro des objectifs « plus ambitieux » pour lutter contre le réchauffement climatique, avant le sommet organisé par Joe Biden les 22 et 23 avril.

Agence France-Presse

« Le Brésil est considéré comme un pays clé dans les efforts mondiaux pour l’équilibre climatique de la planète », a rappelé la Coalition « Brésil, Climat, Forêts et Agriculture », dans une lettre ouverte au gouvernement.

PHOTO CARL DE SOUZA, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Lors des deux premières années du mandat du président Bolsonaro, la surface de forêt rayée de la carte du Brésil a atteint 10 700 km2, en 2019, et 9800 km2 en 2020, les pires chiffres depuis 2008. Ci-haut, la limite d'une coupe à blanc dans la forêt amazonienne, dans l'État de Rondonia, le 23 août 2019.

Ce collectif, qui regroupe aussi bien des ONG comme le WWF (Fonds mondial pour la nature) que des géants de l’agroalimentaire comme Danone, ou céréaliers, tels Cargill, a pointé du doigt la déforestation, « responsable de 40 % des émissions de CO2 du pays ».

Déforestation en hausse sous Bolsonaro

La déforestation a atteint des niveaux très préoccupants depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, en 2019.

Elle était déjà en augmentation constante depuis 2012, mais « le Brésil a déjà montré de quoi il était capable » par le passé, explique la lettre.

« Entre 2004 et 2012, le Brésil est parvenu à la plus grande diminution d’émissions de gaz à effets de serre jamais observée dans un seul pays, en réduisant de 80 % son taux de déforestation », poursuit le texte.  

En 2012, la déforestation au Brésil avait atteint un plancher historique, avec 4100 km2 déboisés.

Lors des deux premières années du mandat du président Bolsonaro, la surface de forêt rayée de la carte a atteint 10 700 km2, en 2019, et 9800 km2 en 2020, les pires chiffres depuis 2008.

Le collectif préconise des exploitations agricoles plus respectueuses de l’environnement et souligne que le Brésil a un rôle important à jouer pour « éviter de futures pandémies tragiques comme celle que nous vivons, provenant de zoonoses provoquées par la destruction des écosystèmes ».  

Les ONG écologistes : « un cancer », dit Bolsonaro

Le président s’est montré favorable à l’exploitation agricole et minière de l’Amazonie, a qualifié de « cancer » les ONG écologistes, accusant par ailleurs les puissances étrangères de critiquer sa politique environnementale pour s’accaparer les richesses naturelles du Brésil.

Le président américain Joe Biden a invité 40 dirigeants mondiaux, dont Jair Bolsonaro et les présidents chinois et russes, à un sommet virtuel sur le réchauffement climatique les 22 et 23 avril.

M. Bolsonaro a été un des derniers dirigeants mondiaux à le féliciter pour sa victoire à la présidentielle américaine l’an dernier.  

Lors du premier débat présidentiel contre Donald Trump, en octobre 2020, Joe Biden avait menacé le Brésil de sanctions économiques en raison de la déforestation en Amazonie.

Le président Bolsonaro, allié inconditionnel de Trump, avait jugé « désastreux » ces propos, qui, selon lui, mettaient en danger « les relations cordiales » entre Brasilia et Washington.