(Caracas) Le leader de l’opposition vénézuélienne a annoncé jeudi sur twitter qu’il allait autoriser l’utilisation de fonds gelés dans le cadre des sanctions contre son pays pour l’achat de vaccins anti-COVID-19.  

Agence France-Presse

« Nous allons approuver le projet d’accord pour financer l’accès du Venezuela au mécanisme Covax pour des vaccins contre la COVID-19 » avec les fonds du pays bloqués à l’étranger en raison des sanctions financières, a écrit M. Guaidó, qui s’était autoproclamé président en janvier 2019 avant d’être reconnu par une partie de la communauté internationale.

Guaidó, soutenu par Washington désireux de voir le départ du président Nicolas Maduro, contrôle les actifs vénézuéliens aux États-Unis.

M. Guaidó n’a pas donné plus de détails sur l’accord, mais selon une source de son entourage, il s’agit d’un premier paiement en vue de la livraison de 12 millions de vaccins sur une période d’un an. Les négociations portent sur une somme avoisinant les 100 millions de dollars, de même source.  

Le Venezuela avait réservé entre 1,4 et 2,4 millions de doses d’AstraZeneca à travers le dispositif Covax créé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au bénéfice des pays les plus démunis. Mais aucun de ces vaccins n’est encore arrivé en raison d’un problème de dettes du Venezuela envers l’OMS.

Le président Maduro a récemment demandé à l’Organisation panaméricaine de Santé (OPS) de libérer des fonds bloqués à la banque d’Angleterre pour les vaccins.

Toutefois lundi, le Venezuela, qui a lancé en février une campagne de vaccination anti-COVID-19 avec les vaccins russe Spoutnik V et chinois Sinopharm, a annoncé qu’il n’autorisera pas le vaccin AstraZeneca en raison de la crainte des effets secondaires.  

Le Venezuela, 30 millions d’habitants, a officiellement enregistré 147 577 cas de coronavirus pour 1459 morts, des chiffres questionnés par l’opposition alors que le gouvernement s’inquiète de nouveaux cas.  

Washington a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de M. Maduro qualifié de « dictateur ».

Les États-Unis ont également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, Guaidó comme président légitime. Celui-ci s’était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé M. Maduro d’avoir « frauduleusement » remporté la présidentielle de 2018, boycottée par l’opposition.

L’UE ne reconnaît aucune légitimité au président Nicolas Maduro et n’a pas reconnu les résultats des élections législatives qui ont eu lieu en décembre 2020. Elle soutient l’ancienne l’Assemblée nationale, considérée comme le seul organe démocratiquement élu au Venezuela, et Juan Guaidó, son président.