(Bogota) La Colombie va régulariser près d’un million de sans-papiers arrivés dans le pays pour fuir la crise au Venezuela voisin, a annoncé lundi le président Pedro Duque.

Agence France-Presse

La Colombie est la principale destination des réfugiés vénézuéliens : environ 1,7 million d’entre eux s’y trouvent, dont plus de la moitié (56 %) sont des sans-papiers.

Les autorités colombiennes vont créer un « statut de protection temporaire » pour les Vénézuéliens et lancer « un processus de régularisation de ces migrants qui sont dans notre pays », a annoncé le président Ivan Duque dans une déclaration conjointe à Bogota avec le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi.

Selon le président, les Vénézuéliens bénéficieront d’un statut de protection temporaire pendant dix ans, au cours desquels ils pourront demander un visa de résident s’ils décident de rester dans le pays. Ceux qui entreront de manière régulière durant les deux prochaines années se verront appliquer la même politique.

Pour Ronal Rodriguez, chercheur à l’Observatoire du Venezuela de l’Université de Rosario, la protection des immigrés sans papiers « est une mesure très audacieuse ».

« Ce n’est plus une solution à court-terme », a-t-il estimé, soulignant que « jusqu’à très récemment le discours gouvernemental était basé sur la prise de mesures temporaires, dans l’optique que tout serait résolu quand le régime de Nicolás Maduro tomberait ».

Cette annonce intervient après que le président Duque eut été sévèrement critiqué en décembre pour son intention d’exclure les sans-papiers de la campagne vaccination de masse contre le coronavirus qui doit débuter le 20 février en Colombie.  

Le président a fait marche arrière et a décidé de demander une aide internationale pour vacciner ces migrants irréguliers.

Le chef du HCR a rappelé que la population vénézuélienne en Colombie est particulièrement vulnérable face à la COVID-19 car « travaillant massivement dans le secteur informel et confrontée à des situations d’abus, d’exploitation et de discrimination ».

La Colombie et le Venezuela, qui n’entretiennent plus de relations diplomatiques, partagent une frontière poreuse de 2200 km, fermée depuis mars 2020 en raison de la pandémie.