(Guatemala) Le président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a estimé jeudi que les États-Unis n’étaient pas un « allié » de son pays dans la lutte contre la pandémie de coronavirus, et a dénoncé l’expulsion de migrants porteurs du virus.  

Agence France-Presse

« Le Guatemala est un allié des États-Unis, les États-Unis ne sont pas un allié du Guatemala », a déclaré M. Giammattei lors d’un échange en visioconférence avec un centre d’analyse américain basé à Washington, l’Atlantic council.  

Selon le président guatémaltèque, l’expulsion par Washington de migrants porteurs du coronavirus a saturé les centres de quarantaine mis en place au Guatemala et a mis à rude épreuve son système de santé déjà fragile.

« Nous comprenons que les États-Unis veulent expulser des gens, nous le comprenons, mais ce que nous ne comprenons pas, c’est qu’ils nous envoient tous les vols contaminés », s’est-il indigné.  

Sur les plus de 2000 cas de coronavirus enregistrés au Guatemala, les autorités ont recensé une centaine de migrants expulsés des États-Unis arrivés en étant porteurs du coronavirus.  

Depuis le début de la pandémie, Washington a interrompu puis repris les vols d’expulsion à plusieurs reprises.  

« C’est normal qu’ils nous envoient les expulser, c’est notre problème, c’est vrai, mais c’est aussi le problème des États-Unis. Alors, partageons le problème, nous devons être justes », a ajouté M. Giammattei, médecin de formation.  

« Nous avons vu comment les États-Unis ont aidé d’autres pays dans cette situation d’urgence, avec des respirateurs, et nous n’avons rien eu, même pas une tige de maïs », a-t-il aussi déploré.

« Nous sommes des alliés des États-Unis, mais ce n’est pas très équitable. Nous ne sommes pas très reconnaissants de la façon dont nous avons été traités », a-t-il conclu.