(Brasilia) L’État de Ceará, dans le nord-est du Brésil, où la police militaire s’est mutinée pour obtenir de meilleurs salaires, a enregistré 147 assassinats en cinq jours.

Agence France-Presse

Ces homicides ont eu lieu entre mercredi et dimanche, en pleine période de Carnaval au Brésil. Ils sont cinq fois plus nombreux que la moyenne de six meurtres par jour, enregistrés dans cet État depuis le début de l’année, selon le secrétariat pour la sécurité de Ceará.  

Les policiers militaires (PM), un corps de maintien de l’ordre qui dépend des autorités de chaque État, ont interdiction de faire grève.

Mais après deux mois de négociations salariales infructueuses, des groupes de mutins ont lancé mardi l’occupation de casernes, ont attaqué plusieurs patrouilles et se sont mis en grève. Des voitures de police ont été volées et des installations ont été détruites.  

Conséquence, le nombre d’assassinats sur la voie publique a grimpé en flèche.

Mercredi, le sénateur de centre gauche Cid Gomes a été blessé par balles après avoir tenté, aux commandes d’une pelleteuse, de briser un piquet de grève de policiers mutinés à Sobral, ville située à 230 km de Fortaleza, la capitale de cet État.  

Après avoir été hospitalisé, l’ex-ministre de l’Éducation du gouvernement de l’ancienne présidente Dilma Rousseff (2011-2016) est chez lui en convalescence.  

Face à cette situation, le président Jair Bolsonaro a décidé vendredi l’envoi de 2500 militaires et effectifs de la Garde nationale pour renforcer la sécurité à Ceará.

Lors d’une visite dans l’État, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Sergio Moro, a dit souhaiter que « la situation se résolve le plus vite possible ».  

Selon les médias locaux, 200 policiers militaires ont été suspendus pour leur participation à la mutinerie et 37 ont été incarcérés pour désertion.  

Avec une population de quelque 8,8 millions d’habitants, l’État de Ceará avait été paralysé il y a un an par plus de 200 attaques de la part de factions criminelles, mécontentes du durcissement des conditions de détention dans les prisons de l’État.