(La Havane) Le président Miguel Diaz-Canel a exprimé jeudi la disposition de Cuba à discuter « de n’importe quel sujet » avec les États-Unis, où Joe Biden doit succéder en janvier à Donald Trump, sans renoncer au socialisme.

Agence France-Presse

« Comme cela a déjà été dit avec assez de clarté, nous sommes disposés à discuter de n’importe quel sujet. Ce que nous ne sommes pas disposés à négocier, ce sur quoi nous ne céderons pas un centimètre, c’est la révolution, le socialisme et notre souveraineté », a déclaré M. Diaz-Canel à l’issue de la session annuelle du Parlement cubain.

« Les principes ne seront jamais sur la table », a insisté le président cubain, qui parlait six ans jour pour jour après le rétablissement des relations entre La Havane et Washington.

Adversaires depuis la révolution menée par Fidel Castro en 1959, les États-Unis et Cuba ont opéré sous la direction des présidents Barack Obama et Raul Castro un rapprochement historique qui a permis en 2015 le rétablissement des relations diplomatiques.

Mais après l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2017, les États-Unis ont durci l’embargo qu’ils imposent à Cuba depuis 1962, invoquant les violations des droits de l’homme à Cuba et le soutien de La Havane au gouvernement chaviste du Venezuela.

M. Diaz-Canel a souligné que 2020 « a été une année dure et exigeante comme peu d’autres », en raison de la pandémie de coronavirus et du renforcement du blocus par l’administration du président républicain Donald Trump.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, le démocrate Joe Biden a annoncé que s’il était élu il procéderait rapidement à « l’élimination des restrictions de Trump sur les transferts d’argent et les voyages » qui nuisent aux Cubains et séparent les familles, dans une interview avec le média numérique d’opposition Cibercuba.

M. Diaz-Canel a affirmé jeudi que dans le contexte de la campagne électorale aux États-Unis, les milieux anticastristes de Cubains installés en Floride avaient tenté de créer « une situation d’instabilité et de tensions » dans le but, selon lui, « de rendre impossible tout retour au dialogue (américano-cubain) en cas de victoire démocrate ».

Dans ce cadre, il s’est référé au mouvement de protestation de dix jours mené en novembre dernier par 14 membres d’un collectif d’artistes cubains appelé Mouvement San Isidro (MSI) pour réclamer la libération d’un rappeur arrêté quelques jours plus tôt.

L’évacuation par la police d’une maison de La Havane où les protestataires s’étaient retranchés avait suscité le 27 novembre une inhabituelle manifestation devant le ministère de la Culture en faveur de la liberté d’expression.

Evoquant cet épisode, lors duquel le ministère de la Culture avait refusé de discuter avec des personnes qu’il accusait d’être financées par les États-Unis, M. Diaz-Canel a fustigé « des revendications extra-artistiques dont le but évident était de servir de tremplin à des projets de confrontation déjà connus, avec l’objectif de créer une opposition politique ».