(Brasilia) Le président brésilien Jair Bolsonaro a changé de ton mercredi après s’être montré très sceptique sur les vaccins contre la COVID-19, affirmant que la campagne d’immunisation qui pourrait débuter en février permettrait au pays « un retour à la normale »

Agence France-Presse

« Après la tempête, le calme. Les 27 gouverneurs (des États du Brésil) ont un seul but, le bien commun, le retour à la normale », a déclaré le dirigeant d’extrême droite, lors d’une cérémonie de présentation d’une campagne de vaccination très critiquée par les spécialistes.

M. Bolsonaro a annoncé qu’il signerait cette semaine un décret débloquant 20 milliards de reais (environ 5 milliards de dollars canadiens) pour acheter des doses « d’un vaccin qui remplisse les critères de sécurité et d’efficacité » de l’Agence régulatrice Anvisa.

Il a promis que le vaccin serait « gratuit et non obligatoire ».

Mardi, lors d’un entretien à la chaîne YouTube de José Luiz Datena, un célèbre présentateur de télévision, le chef de l’État avait mis en doute la sécurité des vaccins.

« Je vous le dis : je ne vais pas me faire vacciner. C’est mon problème, point final », avait affirmé M. Bolsonaro, qui a été contaminé par la COVID-19 en juillet, sans symptômes graves.

Le ministre de la Santé, Eduardo Pazuello, a annoncé pour sa part que la vaccination devrait commencer en février.

Lundi, le juge de la Cour suprême Ricard Lewandowski avait réclamé des précisions au ministère sur les dates de « démarrage et de fin du plan national de vaccination ». M. Pazuello avait répondu que cela dépendrait de la date d’approbation du vaccin par l’Anvisa.

Le plan d’immunisation prévoit qu’une fois « l’aval obtenu pour un vaccin, ou après une autorisation pour usage d’urgence », la distribution sera réalisée « en cinq jours ». Le gouvernement se donne 16 mois pour vacciner toute sa population de 212 millions de personnes.

Ce plan prévoit l’achat de 350 millions de doses, dont 210 millions du vaccin développé par l’Université d’Oxford avec le laboratoire AstraZeneca, qui seront pour la plupart fabriquées localement, par l’institut public de référence Fiocruz, et 70 millions de celui du laboratoire américain Pfizer.

Le ministre a précisé que les vaccins fabriqués au Brésil seraient achetés « en priorité », ce qui inclut celui du laboratoire chinois Sinovac, continuellement discrédité par le président Bolsonaro ces dernières semaines.

La semaine dernière la production de ce vaccin, le CoronaVac, a commencé à l’Institut Butantan, sous tutelle du gouverneur de l’État de Sao Paulo, Joao Doria, pressenti comme un adversaire de Bolsonaro pour la présidentielle de 2022.

Deuxième pays le plus touché au monde derrière les États-Unis, le Brésil compte près de 7 millions de cas positifs depuis le début de la pandémie et quelque 183 000 Brésiliens ont perdu la vie.