(Rio de Janeiro) Deux jours après l’attaque à coup de cocktails Molotov au siège d’un collectif d’humoristes brésiliens ayant dépeint Jésus en homosexuel, la police a annoncé qu’elle enquêtait sur des membres présumés d’un groupe d’extrême droite qui auraient revendiqué l’attentat.

Agence France-Presse

Mercredi, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrait trois personnes encagoulées affirmant avoir perpétré cet attentat pour réagir «à une attaque directe contre la foi du peuple brésilien».

La vidéo d’environ deux minutes contenait également des images de plusieurs personnes allumant des cocktails Molotov avant de les jeter contre un immeuble.

L’attaque a eu lieu mardi à Rio de Janeiro, au siège de la société de production du collectif d’humoristes Porta dos Fundos, et n’a pas fait de blessés.

Les individus encagoulés qui apparaissent sur la vidéo se réclament du mouvement intégraliste, courant d’extrême droite apparu au Brésil dans les années 1930.

Le Front Intégraliste brésilien (FIB) a néanmoins nié toute implication et expliqué dans un communiqué ne pas connaître les auteurs de la vidéo.  

«Toutes les hypothèses sont examinées», a affirmé jeudi lors d’une conférence de presse Marco Aurelio Ribeiro, commissaire en charge de l’enquête.

D’après les policiers, il n’est pas encore possible de confirmer que les personnes qui apparaissent sur la vidéo sont les auteurs de l’attentat, même si les images d’individus jetant les cocktails Molotov sont «compatibles» avec celles qui ont été filmées par des caméras de sécurité.

La police a également identifié les plaques minéralogiques d’une voiture et d’une moto qui auraient été utilisés par les assaillants.

La Première Tentation du Christ, vidéo de 46 minutes du collectif Porta dos Fundos, a été mis en ligne par Netflix le 3 décembre et présentée comme un programme spécial de Noël.

Elle a déclenché un tollé, notamment chez les évangéliques et certains catholiques, et des centaines de milliers de personnes ont signé une pétition pour exiger son retrait.

La chaîne YouTube de Porta dos Fundos compte 16,2 millions d’abonnés.

Le comédien Joao Vicente de Castro, membre de ce collectif, a affirmé jeudi qu’il avait «totalement confiance» en la police, tout en dénonçant «un attentat contre la liberté d’expression».

Un argument réfuté par le député Eduardo Bolsonaro, fils du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

«Nous sommes en faveur de la liberté d’expression, mais est-ce que ça vaut vraiment la peine d’attaquer la foi de 86% de la population?», avait-il affirmé sur Twitter début décembre.