(Sao Paulo) Le président de l’Assemblée législative de l’État de Sao Paulo (ALESP), au Brésil, a annoncé jeudi qu’il allait faire annuler un hommage très polémique au dictateur chilien Augusto Pinochet prévu à l’ordre du jour de ce Parlement régional.

Agence France-Presse

Cet hommage avait été fixé au 10 décembre, qui est la Journée internationale des droits de l’Homme, par un député allié du président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

«Ce jeudi je vais signer un acte pour empêcher la tenue d’un hommage au dictateur Augusto Pinochet», a tweeté le président de l’ALESP, Cauê Macris, du Parti de la Social-Démocratie brésilienne de l’ex-président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002). Ce dernier s’était exilé un temps au Chili pendant la dictature militaire brésilienne, avant de s’établir en France.

Le député qui souhaitait organiser à l’ALESP une «cérémonie solennelle» à la mémoire d’Augusto Pinochet est Frederico D’Avila, du Parti social libéral (PSL), formation avec laquelle Jair Bolsonaro a remporté l’élection présidentielle de 2018.

Son initiative avait mis le feu aux poudres sur les réseaux sociaux et #pinochet était mercredi le troisième sujet le plus commenté sur Twitter au Brésil.

«Cet hommage est non seulement une insulte à la démocratie mais aussi à la mémoire des victimes, y compris françaises, d’un régime cruel», avait écrit pour sa part le Consul général de France à Sao Paulo, Brieuc Pont, également sur Twitter.

Le président Bolsonaro, qui a déjà rendu hommage à un tortionnaire de la dictature brésilienne et approuvé le régime militaire brésilien, a provoqué un malaise en septembre en célébrant la répression exercée par la dictature chilienne et en faisant référence à la mort du père de l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet.

«Elle oublie que le Chili n’est pas devenu un (nouveau) Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père», avait écrit le président brésilien.

Il réagissait à des propos de Mme Bachelet, actuelle Haut Commissaire aux droits de l’Homme des Nations unies, qui avait déploré un «rétrécissement de l’espace démocratique» au Brésil sous sa présidence.

Le président chilien Sebastian Pinera avait condamné les propos de son homologue brésilien.