(Brasilia) Le célèbre journaliste d’investigation américain Glenn Greenwald a été giflé jeudi lors d’une altercation avec un chroniqueur brésilien qu’il venait de traiter de «lâche» lors d’une émission de radio en direct.

Agence France-Presse

Lors de cette émission de Jovem Pan, retransmise en direct sur YouTube, on peut voir le chroniqueur Augusto Nunes lui mettre la main gauche à la figure.

L’Américain, qui réside au Brésil, a tenté de riposter, mais il a été contenu par une autre personne présente dans le studio.

Le ton était monté après que Greenwald eut manifesté son indignation face à des insinuations du chroniqueur suggérant qu’une enquête sociale devrait être ouverte sur la façon dont il élève les deux enfants adoptés avec son mari, le député de gauche David Miranda.

AFP

David Miranda et Glenn Greenwald à l'aéroport de Rio de Janeiro en août 2013.

«Je veux savoir si vous croyez toujours qu’un juge devrait ouvrir une enquête sur ma famille pour les faire retirer de chez moi et retourner à l’orphelinat», a lancé le journaliste américain, célèbre pour avoir rendu publiques les révélations d’Edward Snowden sur la puissante agence de renseignement NSA.

«C’est la chose la plus répugnante que j’aie jamais vu dans ma carrière de journaliste, alors que j’ai fait la guerre à la CIA et aux gouvernements des États-Unis et du Royaume Uni», a-t-il ajouté.

Le chroniqueur a rétorqué en affirmant qu’il n’était pas capable de «reconnaître l’ironie des attaques humoristiques». Greenwald l’a alors traité à plusieurs reprises de «lâche» et a reçu une gifle en pleine figure.

La radio a interrompu le programme, qui a repris 12 minutes plus tard, en présence de l’Américain, mais pas d’Augusto Nunes.

Glenn Greenwald revient sur ces événements à la radio brésilienne (en anglais)

Glenn Greenwald s’est retrouvé dans le collimateur du gouvernement Bolsonaro après que le site d’investigation The Intercept Brasil, dont il est le cofondateur, eut fait des révélations compromettantes pour le ministre de la Justice Sergio Moro.

En juillet, le président Jair Bolsonaro avait affirmé que le journaliste ne pourrait pas être expulsé du pays parce qu’il avait été assez «malin» pour se marier et devenir le père d’enfants brésiliens, mais a insinué qu’il pourrait «faire de la prison».