(Washington) Les États-Unis ont annoncé l’expulsion de deux diplomates cubains auprès de l’ONU accusés « d’activités qui portent atteinte à la sécurité nationale américaine » alors que s’ouvre l’Assemblée générale de l’organisation mondiale.

Agence France-Presse

« Nous avons demandé de quitter les États-Unis à deux membres de la mission de Cuba à l’ONU qui étaient engagés dans des activités qui portent atteinte à la sécurité nationale américaine », a déclaré sur Twitter la porte-parole du département d’État américain Morgan Ortagus.

« La demande de départ imminent » a été « notifiée » jeudi au ministère cubain des Affaires étrangères, a-t-elle ensuite précisé dans un communiqué. Elle a accusé les deux diplomates d’avoir « abusé » de leur résidence aux États-Unis pour « tenter de mener des opérations de déstabilisation ».

En outre, « les déplacements à l’intérieur des États-Unis de tous les membres de la mission permanente de Cuba auprès des Nations unies seront dorénavant limités essentiellement à l’île de Manhattan », la partie de New York où se trouve le siège de l’organisation, a-t-elle prévenu.

« Nous prenons au sérieux toutes les tentatives de porter atteinte à la sécurité nationale des États-Unis », a-t-elle ajouté.

Le gouvernement cubain a aussitôt dénoncé une décision « injustifiée ».

« C’est une vulgaire calomnie de les accuser d’avoir commis des actes incompatibles avec leur statut diplomatique », a déclaré sur Twitter le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Il a accusé Washington de vouloir « provoquer une escalade diplomatique jusqu’à la fermeture des ambassades respectives, le renforcement de l’embargo et des tensions entre les deux pays ».

De son côté, l’ONU a indiqué avoir pris note de l’annonce américaine.  

« Nous suivrons de près cette affaire et nous nous rapprocherons, de manière appropriée, des gouvernements concernés », a précisé Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.    

Embargo depuis 1962

Le gouvernement de Donald Trump a tourné le dos à la politique de rapprochement avec Cuba entreprise par son prédécesseur Barack Obama.

Dès 2017, il avait expulsé 15 diplomates cubains en représailles aux mystérieuses « attaques », parfois décrites comme « acoustiques », qui ont provoqué divers symptômes chez plusieurs employés de l’ambassade américaine à La Havane.

Et le ton est encore monté d’un cran depuis que Washington tente par tous les moyens, depuis le début de l’année, de chasser du pouvoir au Venezuela le président socialiste Nicolas Maduro, allié de La Havane.

Les États-Unis ont multiplié les sanctions économiques pour durcir leur embargo en vigueur depuis 1962.

Le siège des Nations unies étant à New York, les États-Unis ont en principe l’obligation d’accorder des visas aux États qui en font la demande pour permettre à leurs responsables d’assister à des réunions ou même de représenter leur pays de manière permanente.

Mais les autorités américaines se servent parfois de leur marge de manœuvre en la matière comme d’une sanction diplomatique à l’égard de certains régimes.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif n’a ainsi bénéficié en juillet que d’un visa d’entrée assorti de strictes limites sur sa capacité à se déplacer, alors qu’il devait participer à une réunion de l’ONU sur le développement durable. Il n’avait eu le droit de se déplacer que dans un périmètre restreint autour du siège de l’organisation internationale, dans l’est de Manhattan.