(Rio de Janeiro) La police a abattu un homme qui retenait en otage une trentaine de passagers d’un autobus depuis près de quatre heures, paralysant la circulation sur l’immense pont reliant Rio de Janeiro à la ville de Niteroi.

Agence France-Presse

Son arme était factice, a ensuite précisé la police, mais l’homme détenait aussi un couteau et une bonbonne en plastique à moitié remplie d’essence, ainsi qu’un briquet.

Décrivant l’individu comme «psychotique», le lieutenant-colonel Maurilio Nunes a expliqué à la presse qu’un tireur d’élite avait été autorisé à abattre l’homme lorsque celui-ci était très brièvement descendu du bus, par crainte qu’il ne mette le feu au véhicule.

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L’arme du preneur d’otages était factice, a précisé la police.

L’homme, âgé de 20 ans et apparemment sans antécédents judiciaires, avait déposé de petites bouteilles à moitié remplies d’essence à l’intérieur de l'autobus, dans lequel se trouvaient 37 personnes lorsqu’a commencé la prise d’otages, aux aurores.

La circulation sur ce pont de 13 km de long a été ensuite quasiment paralysée, à l’heure où des dizaines de milliers de personnes se rendaient à leur travail.

La police menait des négociations lorsque des coups de feu ont retenti, provoquant des applaudissements et des cris de joie dans la foule des curieux qui photographiaient ou filmaient le bus blanc et vert avec leurs téléphones intelligents.

La prise d’otages avait commencé vers 5h30, lorsque l’homme était monté à bord du bus et a menacé les passagers. Il a par la suite relâché six d’entre eux - quatre femmes, deux hommes - qui ont été recueillis par des ambulances dépêchées sur place.

«Il a annoncé que l'autobus était détourné et il était très calme» a raconté Hans Moreno, l’un des ex-otages, à Globo TV. Un autre passager, Walter Freire, a expliqué avoir pensé qu’il allait «mourir».

«Sauver les otages»

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De nombreux policiers lourdement armés étaient présents sur le pont, y compris des tireurs d’élite.  

De nombreux policiers lourdement armés, y compris des tireurs d’élite, étaient présents sur le pont de Niteroi, qui enjambe la baie de Guanabara.  

On ignorait le mobile et les exigences du jeune homme qui portait un t-shirt blanc et un pantalon foncé et se couvrait une partie du visage.

«Idéalement, tout le monde aurait dû en sortir vivant mais nous avons dû prendre la décision de sauver les otages», a déclaré le gouverneur de l’État de Rio, Wilson Witzel, qui s’est rapidement rendu sur place.

Le gouverneur, élu fin 2018, comme le président Jair Bolsonaro, notamment grâce à sa promesse de mener une guerre sans pitié à la criminalité, a brandi le poing au moment où les coups de feu de la police ont retenti.

Il a affirmé être certain que cet acte «était lié au crime organisé qui encourage le terrorisme». Le gouverneur a précisé qu’un membre de la famille du preneur d’otages «avait présenté ses excuses auprès de toute la société» pour son geste.

Ce type de prise d’otage est relativement rare au Brésil. Un drame similaire avait eu lieu en 2000 dans un quartier chic de Rio et avait fourni la trame à un documentaire qui a ensuite été primé. Le preneur d’otage et un otage avaient été tués.