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Venezuela: l'armée déterminée à empêcher l'entrée de l'aide

MARIA ISABEL SANCHEZ
Agence France-Presse
Caracas

Les militaires fidèles au président Nicolas Maduro se disent déterminés à défendre « l'intégrité territoriale » du Venezuela, face aux milliers d'opposants qui se préparent à converger vers les frontières le but de faire entrer l'aide humanitaire stockée aux portes du pays.

A l'appel de Juan Guaidó, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, quelque 700 000 volontaires, selon l'opposition, ont l'intention de se rendre à bord d'autocars le 23 février aux postes-frontière pour prendre livraison de l'aide humanitaire envoyée par les États-Unis et le Brésil. On ignore toutefois comment ils espèrent déjouer le blocus des militaires.

Les présidents colombien Ivan Duque et chilien Sebastian Piñera, parmi les premiers à reconnaître Juan Guaidó, ont prévu de se rendre vendredi dans la ville colombienne frontalière de Cucuta pour afficher leur soutien à l'opération. Plusieurs dizaines de tonnes de vivres et de médicaments envoyées par les États-Unis sont stockées dans cette ville, près du pont frontalier de Tienditas barré par les autorités vénézuéliennes.  

« Les présidents à la botte des yankees comme ceux de Colombie et du Chili, qui encouragent la provocation et la violence contre le Venezuela, sont en train d'appeler à prendre d'assaut la frontière du Venezuela samedi prochain », a réagi M. Maduro.

Qualifiant M. Guaidó de « clown qui dit être président par intérim », il l'a mis au défi de « convoquer des élections » pour « renverser la situation avec le vote du peuple ».

Frontières fermées

Les militaires ont réaffirmé mardi leur « loyauté sans faille » envers Nicolas Maduro. Ils rejettent obstinément les appels à désavouer le dirigeant socialiste lancés par Juan Guaidó et le président américain Donald Trump.

Ils ont également annoncé la fermeture de la frontière maritime avec les îles néerlandaises d'Aruba, Bonaire et Curaçao, situées au large du Venezuela. Un avion en provenance de Miami chargé d'aide humanitaire est attendu à Curaçao.

Le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, entouré du haut-commandement militaire, a assuré que l'armée ne céderait pas au « chantage ». Il a qualifié de « tissu de mensonges » la présentation par Donald Trump et Juan Guaidó de « cette prétendue aide humanitaire » comme un sujet de confrontation entre civils et militaires vénézuéliens.

« L'armée restera déployée et en alerte le long des frontières [...] pour empêcher toute violation de l'intégrité du territoire », a averti le ministre.  

Juan Guaidó a envoyé mardi un message sur Twitter à chacun des chefs militaires des régions frontalières : « Le 23 février, vous devez choisir entre servir Maduro et servir la Patrie », leur a-t-il écrit.

Il a également demandé à ses partisans d'écrire à chaque soldat « en argumentant, sans violence, sans insulte » pour expliquer les « raisons pour lesquelles ils doivent se ranger derrière les millions (de Vénézuéliens) qui demandent l'entrée de l'aide ».

Jusqu'à présent, seuls quelques responsables militaires se sont ralliés à Guaidó, pour la plupart des officiers subalternes ou n'exerçant aucun commandement. Dernier en date : un conseiller militaire adjoint du Venezuela à l'ONU, le colonel Pedro José Chirinos, qui s'est déclaré mercredi « en désobéissance totale et absolue face au gouvernement illégalement constitué de Monsieur Nicolas Maduro » dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Aide disponible au Brésil

Samedi, le Brésil va également mettre à disposition de l'aide humanitaire à Boa Vista et Pacaraima (nord) « en coopération avec les États-Unis ».

Des aliments et médicaments seront disponibles pour être collectés « par le gouvernement (autoproclamé) de Juan Guaidó, par des camions vénézuéliens conduits par des Vénézuéliens », a précisé le porte-parole de la présidence brésilienne, Otavio Régo Barros.

L'entrée d'aide venue des États-Unis est un sujet extrêmement sensible au Venezuela, même si le pays est en proie à des pénuries qui ont poussé à l'exil plus de deux millions de Vénézuéliens depuis 2015, selon l'ONU.  

Nicolas Maduro voit dans l'aide humanitaire les prémices d'une intervention militaire américaine, et rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions de Washington.

Concerts

Après une rencontre avec Juan Guaidó mardi, les ambassadeurs de France, du Royaume-Uni, d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne, ont annoncé 18 millions dollars d'aide, outre l'envoi par la France de 70 tonnes de médicaments et de vivres.  

Nicolas Maduro a annoncé l'acheminement mercredi de 300 tonnes de médicaments achetés à la Russie, alliée de Caracas, en plus des 933 tonnes achetées récemment à la Chine, la Russie et Cuba.

Juan Guaidó a choisi la date symbolique du 23 février pour l'entrée de l'aide, un mois tout juste après son autodéclaration comme président par intérim, à la suite de la décision du Parlement de déclarer Nicolas Maduro comme « usurpateur » considérant qu'il a été réélu frauduleusement.

Vendredi, un concert pro-Guaidó avec des artistes internationaux est prévu à Cucuta, financé par le milliardaire britannique Richard Branson. Un autre concert, organisé par le pouvoir chaviste, aura lieu au même moment, côté vénézuélien.

Mardi, le musicien britannique Roger Waters, un des fondateurs du groupe Pink Floyd, a critiqué le concert organisé par le fondateur du groupe Virgin, qui, selon lui, « n'a rien à voir avec l'aide humanitaire », mais « avec le fait que Richard Branson a pris pour argent comptant ce que disent les États-Unis » sur la situation au Venezuela.




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