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Crainte d'une fermeture définitive de la frontière mexicano-américaine

Du côté mexicain de la frontière, à Tijuana,... (PHOTO AP)

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Du côté mexicain de la frontière, à Tijuana, des barricades métalliques ont été érigées et les entrées sont protégées par des barbelés.

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YEMELI ORTEGA
Agence France-Presse
Tijuana

Un poste de contrôle protégé par des barbelés et d'énormes barrières métalliques : à Tijuana, l'arrivée massive de migrants d'Amérique centrale ravive chez les habitants la crainte d'une fermeture définitive de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Dans cette ville-frontière du nord-ouest du Mexique, dont l'économie est fortement dépendante des échanges avec les États-Unis, les migrants de la caravane continuent de se regrouper après avoir parcouru 4300 km à pied, en camion ou en autobus.

Dimanche, une manifestation demandant leur départ a réuni plusieurs centaines de personnes dans les rues de la ville.

Au poste de contrôle de San Ysidro, véhicules et piétons forment une longue file d'attente pour passer de Tijuana, en Basse-Californie, à San Diego, du côté américain.  

Dans la journée, le bureau des douanes et de la protection frontalière des États-Unis (CPB) a annoncé la fermeture du passage pendant plusieurs heures «pour la mise en place de matériel supplémentaire de protection», notamment des barbelés et des barrières métalliques.  

Il s'agit d'éviter l'entrée en force des migrants d'Amérique centrale, en majorité Honduriens, fuyant la violence et la misère dans leurs pays, avec l'espoir d'entrer aux États-Unis pour obtenir une vie meilleure.  

Depuis son départ mi-octobre de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, la caravane de migrants a franchi les frontières, parfois par la force.

Environ 3500 migrants de cette caravane sont arrivés ces derniers jours à Tijuana, tandis que 3000 autres sont attendus à partir de mardi, faisant craindre aux autorités des deux pays un passage en force comme à la frontière entre le Guatemala et le Mexique en octobre.

«Le temps semble s'être arrêté. Rien ne bouge. Ni les voitures, ni les gens, ni mes affaires», se lamente Armando Lopez, un vendeur de journaux, cigares et gommes à mâcher qui n'a pas réussi à écouler sa marchandise. Il en va de même pour le vendeur de burritos et de crêpes à la crème, qui n'a pas eu un seul client.  

«Économie en danger de mort»

Après quelques heures, les autorités américaines ont finalement rouvert le poste de Ysidro. Du côté mexicain, des barricades métalliques ont également été érigées et les entrées protégées par des barbelés. Des dizaines de policiers fédéraux et des militaires patrouillent dans la zone.  

Infirmière dans un hôpital psychiatrique de San Diego, Ana Maria, une Mexicaine, presse le pas pour franchir la frontière. «Ils ne se rendent pas compte de l'impact que peut avoir la fermeture de la frontière. Ce n'est pas seulement l'économie qui est en danger de mort, nous parlons de la vie de gens et de leurs familles», explique-t-elle, tandis qu'elle présente ses papiers à la police des frontières.  

Le Mexique et les États-Unis partagent plus de 3000 km de frontière à travers le désert, où clandestins, drogue et armes passent illégalement.  

Mais un million de personnes la franchissent également quotidiennement en toute légalité, pour travailler ou faire du commerce.

Au seul poste de San Ysidro, 70 000 véhicules transitent chaque jour du sud au nord, ainsi que 15 000 étudiants et 25 000 employés.  

Les États-Unis ont déployés 9000 militaires à la frontière sud et ont averti que seuls ceux qui passeraient par un point de contrôle officiel pourraient faire une demande d'asile.

Dimanche, environ 400 personnes ont manifesté dans les rues de Tijuana pour protester contre l'arrivée des migrants. «Non à l'invasion !», ont-ils scandé, agitant des drapeaux du Mexique.  

«Ici, les gens sont très dépendants du commerce et des allées-et-venues à travers la frontière, et s'ils la ferment à cause de ceux qui veulent la franchir de force, cela va affecter l'économie», se plaint Esther Monroy, une habitante de Tijuana de 58 ans.  

«Je ne doute pas qu'il y a des familles, des gens dans le besoin, mais la majorité sont membres de maras (gangs) qui commettent des crimes», ajoute-t-elle.  

Une manifestation de soutien aux migrants a eu lieu en parallèle, réunissant une dizaine de personnes.




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