Fidèle à son style qui a séduit des millions de croyants des églises évangéliques, le président élu du Brésil Jair Bolsonaro a cité Dieu à plusieurs reprises mardi dans un discours au Parlement à Brasilia et s'est engagé à nouveau à respecter la Constitution.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Je crois en Dieu, je crois en notre peuple et en notre potentiel », a affirmé l'ancien parachutiste de l'armée lors d'une cérémonie solennelle célébrant les 30 ans de la Constitution brésilienne, rédigée après la dictature militaire (1964-1985).

« Ensemble, l'exécutif, le judiciaire et le législatif, nous nous devons de défendre la Constitution. C'est la responsabilité de nous tous », a-t-il affirmé brandissant le livre jaune et vert contenant le texte de 1988.

Ce discours, qui n'était pas prévu par le protocole, a duré moins de deux minutes.  

La cérémonie s'est déroulée dans l'hémicycle de la chambre des députés, où M. Bolsonaro siège depuis 1991, en présence de parlementaires des deux chambres, du président actuel Michel Temer et de celui de la Cour suprême, Dias Toffoli.  

Considéré par des détracteurs comme une menace pour la démocratie en raison de sa nostalgie affichée de la dictature militaire, le président élu d'extrême droite avait déjà promis pendant la campagne d'être l'« esclave de la Constitution ».

Jair Bolsonaro, 63 ans, est arrivé à Brasilia dans la matinée, pour son premier voyage depuis sa victoire au second tour le 28 octobre, avec 55 % des suffrages.

Depuis son élection, il est resté la plupart du temps confiné dans son domicile de Rio de Janeiro en raison de son état de santé fragilisé par l'attentat à l'arme blanche qui a failli lui coûter la vie le 6 septembre.

« Je demande à Dieu de nous illuminer, je le remercie de m'avoir sauvé la vie », a-t-il affirmé lors de son discours au Parlement.

« Changer le destin » du Brésil

Souriant, arborant une cravate à rayures grises et marine, il a chanté l'hymne national la main sur le coeur à l'ouverture de la cérémonie.

« Ensemble, nous allons continuer à construire le Brésil que notre peuple mérite. [...] Nous pouvons changer le destin de notre nation », a-t-il poursuivi.

En guise de conclusion, le président élu a cité son slogan de campagne : « Le Brésil au-dessus de tout et Dieu au-dessus de tous ».

Les autres hauts personnages de l'État présents dans l'hémicycle ont rappelé dans leurs discours l'importance du respect des valeurs démocratiques.  

« Il ne suffit pas d'évoquer la Constitution avec une attitude contemplative, il faut la protéger », a par exemple déclaré la procureure générale Raquel Dodge.

À Brasilia, Jair Bolsonaro doit préparer avec son équipe la transition avant son investiture, qui aura lieu le 1er janvier.

Son équipe de transition compte 27 membres, dont sept militaires, et aucune femme.

Mardi après-midi, le président élu a notamment rencontré les ministres actuels de la Défense et des Finances.

À chaque fois qu'il sortait des ministères, Jair Bolsonaro se prêtait de bonne grâce aux questions des dizaines de journalistes qui le suivaient à la trace, se montrant plus détendu qu'à son habitude.

Il a notamment réaffirmé sa volonté de voir la réforme des retraites qui est réclamée par les marchés approuvée par le Parlement dès cette année, avant même son arrivée au pouvoir.

Mercredi, Jair Bolsonaro doit rencontrer Michel Temer, président de centre droit qui quittera le pouvoir avec une impopularité record.