Le Venezuela a accusé vendredi le président équatorien Lenin Moreno d'avoir porté atteinte à sa souveraineté dans des déclarations faites lors d'une visite du vice-président américain Mike Pence.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Une note de protestation a été remise à la chargée d'affaires équatorienne à Caracas, Elizabeth Mendez.

Lors de la visite à Quito de M. Pence le 28 juin, le président Moreno a fait des déclarations qui vont «contre la souveraineté du Venezuela», a déclaré Alexander Yanez, vice-ministre vénézuélien pour l'Amérique latine, cité dans un communiqué officiel.

Pendant sa visite à Quito au cours d'une tournée en Amérique latine, le vice-président américain Pence avait demandé à M. Moreno de prendre des mesures pour «isoler encore davantage» le gouvernement du président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro.

La tension est forte actuellement entre Washington et Caracas. Le 27 juin, alors qu'il se trouvait à Manaus (Brésil) dans un centre d'accueil pour migrants vénézuéliens, M. Pence a dénoncé ce qu'il a appelé «l'impact dévastateur de la dictature de M. Maduro».

Le même jour, M. Maduro s'en est pris de manière virulente au vice-président américain. «Chaque fois que ce serpent venimeux de Mike Pence ouvre la bouche, je me sens conforté dans la voie que j'ai choisie», a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé.

La protestation officielle vénézuélienne de vendredi intervient deux jours après une protestation similaire de la partie équatorienne.

M. Moreno avait suspendu l'envoi au Venezuela du nouvel ambassadeur équatorien et avait fait envoyer une note à Caracas pour protester contre des déclarations faites par M. Maduro sur le sort de l'ancien président équatorien Rafael Correa, allié politique du Venezuela.

M. Maduro avait appelé à l'arrêt de la «persécution» contre M. Correa.

Au pouvoir de 2007 à 2017 et résidant depuis un an en Belgique, M. Correa est sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par la justice équatorienne qui l'accuse d'avoir commandité une tentative d'enlèvement d'un opposant en 2012. M. Correa estime qu'il s'agit d'un «complot» politique contre lui.

Le vice-ministre vénézuélien pour l'Amérique latine a défendu vendredi la solidarité de M. Maduro avec M. Correa. L'ancien président est «un ami» du Venezuela, où il est «admiré et respecté pour ses qualités éthiques, politiques et humanistes», a déclaré M. Yanez.