Des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro disent avoir été arrêtés et torturés en raison de leurs activités politiques, a dénoncé mercredi l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

Publié le 27 juill. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Au moins 21 personnes dans ce cas ont été emprisonnées au Venezuela entre les mois de mai et juin, et certaines passées à tabac et ou torturées à l'électricité, selon un rapport de HRW présenté à Buenos Aires.

Certains affirment avoir été forcés à confesser des crimes qu'ils n'avaient pas commis, ou avoir été menacés de mort ou de viol, assure l'ONG basée à New York, qui étaye ses affirmations avec des entretiens, des documents judiciaires et des rapports de police.

HRW a appelé l'Organisation des États américains (OEA) a accentuer la pression sur le gouvernement Maduro afin d'enquêter sur ces cas et libérer les personnes détenues arbitrairement.

«À moins d'une forte pression régionale, le gouvernement vénézuélien va continuer de croire qu'il peut punir brutalement et autoritairement la dissidence, sans aucune conséquence», a prévenu le responsable de HRW pour les Amériques, José Miguel Vivanco.

L'organisation estime qu'il y a actuellement 90 prisonniers politiques au Venezuela, ce que nie le gouvernement.

Parmi les cas dénoncés, celui d'un étudiant de 20 ans, José Gregorio Hernandez Carrasco, arrêté pour des faits de violence supposés contre les forces de l'ordre le 18 mai lors d'une manifestation à Caracas.

«Il a été frappé, torturé et a finalement accepté de signer une confession car ses bourreaux avaient menacé de le violer», assure le rapport sur ce jeune homme qui «est toujours en détention» malgré l'absence de preuve, selon HRW.

L'économie de ce pays d'Amérique du Sud, autrefois riche producteur pétrolier grâce à ses réserves les plus importantes au monde, est au bord du gouffre avec la chute des cours du brut, qui lui rapporte 96% de ses devises.

La profonde crise économique, qui provoque des pénuries et des protestations dans le pays, se double d'une crise politique: le président Maduro, élu en 2013 jusqu'en 2019, affronte un Parlement contrôlé par l'opposition, depuis les élections législatives de décembre 2015.

Les antichavistes (du nom de l'ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) ont défilé dans la rue mercredi pour exiger l'organisation d'un référendum contre le chef de l'État.